Après l’annonce de la démission des six ministres du gouvernement mardi, le leadership du MSM joue la carte de l’attentisme avec le Premier ministre, Navin Ramgoolam, en mission officielle à Londres depuis le vendredi 22, le jour de l’arrestation de l’ancienne ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee. Pravind Jugnauth, qui a animé hier après-midi au Sun Trust une réunion du comité central élargi, a réitéré le fait que jusqu’à preuve du contraire, le MSM fait partie du gouvernement. Face aux méthodes employées contre Maya Hanoomanjee par l’Independent Commission against Corruption (ICAC), il a repris les mêmes arguments développés officiellement mardi.
Faute d’un point de presse après les délibérations d’hier, les recoupements d’informations effectués par Week-End auprès de sources concordantes indiquent que pour les dirigeants du MSM « nou position ankor parey ». La direction du parti a fait comprendre aux membres de certaines instances du parti que « nou pe attan Premye Minis retourné ek gueté ki manyer li pran sa ek ki bann solisyon posib ».
De ce fait, les prochaines 48 heures sont considérées comme étant déterminantes aux yeux du MSM. Les spéculations autour des risques de transfuges, évoquées dans la presse en fin de semaine, ont été effleurées par les membres du comité central du MSM.
En début de semaine écoulée, le principal événement politique a été la démission en bloc des six ministres MSM du gouvernement. Comme l’échéance de la réunion du conseil des ministres du vendredi 29 juillet se précisait, il devenait de plus en plus évident que l’entêtement de Maya Hanoomanjee de refusé de soumettre sa démission en tant que ministre de la Santé allait devenir intenable pour des law-abiding politicians. Un ministre en liberté provisoire pour des délits reprochés sous le Prevention of Corruption Act siégeant au Cabinet était une situation des plus intolérables. Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, qui avait écourté sa mission officielle en début de semaine, est intervenu pour éviter cette situation de crise.
Ainsi, dès mardi matin, la décision avait été prise à l’effet que les six ministres du MSM, en l’occurrence le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, le ministre du Tourisme, Nando Bodha, le ministre de l’Industrie, Showkutally Soodhun, la ministre de la Sécurité sociale, Leela Devi-Dookun, la ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee, et le ministre de la Fonction publique, Ashit Gungah, allaient se retirer du gouvernement pour siéger en tant que backbenchers. Cette décision ne vise en rien les trois Private Parliamentary Secretaries (PPS) Mahen Jhugroo, Mireille Martin et Pratibha Bholah ou encore les autres membres du MSM occupant des fonctions au sein de l’appareil d’État.
Cette initiative a été adoptée par l’état-major du MSM parce que celui-ci n’entretient aucun doute quant à l’innocence de Maya Hanoomanjee dans l’affaire MedPoint, qui fait l’objet d’enquête de l’ICAC. « Nou convaincu de l’innocence de Maya Hanoomanjee », s’est appesanti le leader du MSM tout en se montrant extrêmement critique à l’encontre de l’ICAC et de ses méthodes.
« J’ai été informé de la façon dont l’ICAC a agi envers notre amie Maya Hanoomanjee. Mo laisse l’ICAC à so responsabilité. Mo pas pou fer plis commentaires à ce stade De toute façon, mo kroir dan la justice et bien sir mo laisse sa entre les mains de la justice », a soutenu avec force Pravind Jugnauth en criant à l’injustice par rapport à l’arrestation de Maya Hanoomanjee. Faisant allusion à plusieurs reprises à la conviction de l’innocence de Maya Hanoomanjee, Pravind Jugnauth a fait comprendre que le MSM a suivi cette affaire de très près, d’où la solidarité démontrée envers Maya Hanoomanjee. « Nou solider avec Maya Hanoomanjee à 100% », dit-il.
Le leader du MSM avance que le parti est régi par certains principes fondamentaux, dont le fait qu’un ministre avec une charge provisoire sur ses épaules n’a d’autre choix que de soumettre sa démission. « Pou nou, saki finn arrivé c’est enn l’injustice flagrante. Malgré sa Maya Hanoomanjee pas ti éna lot choix apart démissioner », rajoute-t-il.
« Kifer li pa finn fer li avan ? Parski mo pas ti Moris. Mo ti donn l’instruction pas fer li avan tant ki mo rétourné ek mo kontan ki zot finn suiv mo l »instruction », a poursuivi l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances « Dan MSM, nou pas collé ek poche minister. Nou pas amaré ek pouvoir ek position. Nou pé montrer nou solidarité ek nou donc pas kapav continué forme parti dan cabinet. MSM éna avant tout dignité, principe ek certainement sincérité », déclare-t-il.
Le leader du MSM maintient qu’il n’a pas regardé dans une seule direction. Depuis les élections générales en 2010, dit-il, le parti a fait preuve de discipline, et s’est impliqué dans le travail pour l’intérêt du public. « Le MSM rest touzour loyal envers le Premie minis ek l’Alliance de l’Avenir mais pou azir kouma back benchers », rappelle Pravind Jugnauth, qui déclare avoir eu une conversation « amicale » avec le Premier ministre. « J’ai eu l’occasion de m’expliquer sur ma position avant de rencontrer le Premier ministre suppléant, Rashid Beebeejaun », a-t-il indiqué.
Interrogé quant à un éventuel retour comme ministre, Pravind Jugnauth devait clairement déclarer que la décision ne lui revenait pas mais relevait davantage du Premier ministre. Pressé de questions, le leader du MSM devait aussi dire qu’il n’avait rien à se reprocher en dépit des allégations faites à son encontre.