Commentant le rapport de l’ONG SAFIRE / MFPWA selon lequel il y aurait environ 7 000 enfants des rues à Maurice, l’aile féminine du Mouvement socialiste militant a sévèrement condamné le « silence et l’inaction » du ministère de l’Égalité des Genres, du développement de l’Enfant et du bien-être de la Famille après la publication du document. C’était au cours d’une conférence de presse dans la matinée pour annoncer un congrès le samedi 10 au Sun Trust Building en vue de célébrer la Journée internationale de la femme.
« Il y a environ 7 000 enfants des rues et rien n’a été fait pour comprendre pourquoi ils ne vont pas à l’école, pourquoi s’adonnent-ils à la prostitution… Pourquoi le ministère de l’Égalité des Genres chargé de la protection des enfants n’a-t-il pas réagi à cela ? » s’interroge Leela Devi Dookun-Luchoomun, présidente de l’aile féminine du Mouvement socialiste militant (MSM).
Aucune étude, déplore Leela Devi Dookun-Luchoomun, n’a été menée pour comprendre la situation des enfants des rues en vue d’établir un plan d’action visant à réduire le fléau. (NdlR : les ONG SAFIRE et la MFPWA ont mené une enquête sur le terrain et ont identifié 6 780 enfants et adolescents en situation de rue). Cet état de choses serait due à des « mauvaises décisions qui auraient été prises par le régime en place comme l’abandon du foster care pour les enfants ».
La présidente de l’aile féminine avait auparavant commenté la situation des femmes dans le pays. Elle s’est inquiétée de la recrudescence de la violence envers les femmes et les enfants. « Nous observons ces derniers temps une dégradation sociale, une augmentation de la criminalité et de violence envers les femmes et les enfants. Il est temps pour les femmes de dire non à cette décadence », martèle Leela Devi Dookun-Luchoomun après l’annonce du congrès de la commission féminine du MSM prévue samedi à 13 h 30 au Sun Trust Building.
Le slogan choisi pour l’événement est « Leve militante, pei bizin nous ». Leela Devi Dookun-Luchoomun a lancé un appel d’abord à la prise de conscience des femmes face à la situation actuelle, puis à la mobilisation pour assister au congrès. « La situation continue à se dégrader et aucune action concrète n’est prise… Bann-la pe contigne amenn zot politik de ti-copain… Pei pe coule… Pei pe ale drwa au precipiss », soutient-elle en faisant référence au gouvernement du Parti travailliste et, par conséquent, aux autorités chargées de la protection des enfants, des femmes et des plus vulnérables.
Autre volet de la conférence de presse, la hausse du coût de la vie qui a pour conséquence d’agir de manière négative sur la femme, étant donné que ce sont particulièrement les femmes qui « trap pwoilon ». « Les tarifs de l’eau, de l’électricité et du gaz ont augmenté, la cherté de la vie est devenue insoutenable pour les femmes », déplore Leela Devi Dookun-Luchoomun. L’aile féminine plaide également pour une réglementation de l’utilisation de l’image de l’enfant dans la publicité et pour inciter les femmes à se lancer dans la politique afin qu’elles soient davantage impliquées dans le processus de prise de décisions.
Aux questions de la presse, essentiellement sur sa prise de position concernant les « tractations politiques actuelles » et la conférence de presse du Premier ministre lundi , Leela Devi Dookun-Luchoomun a tenu à affirmer que le leader de son parti Pravind Jugnauth animera une conférence de presse dans laquelle il se prononcera.