Les dirigeantes de l’aile féminine du MSM-MMM ont, lors d’un congrès samedi dernier pour marquer la Journée Internationale de la femme, exprimé leur indignation quant au manque de respect envers la femme dans les différentes domaines de la vie. Elle ont souligné surtout la fréquence des cas de violence physique dont les femmes sont victimes et ont interpellé le gouvernement sur l’absence de mesures pour contrer cette tendance. « Sitiasion pe deteryore, ki Madam Martin pe fer dan so biro ? », se sont exclamées tour à tour les différentes intervenantes.
Ce rassemblement des femmes du Remake 2000 à l’Auditorium Octave Wiehe a connu un succès d’affluence. En effet, la salle, le hall d’entrée et même les couloirs étaient bondés d’activistes “mauve” et “orange” venant de toutes les régions du pays.
Alors qu’elles étaient sur place bien avant 13 heures, le congrès n’a débuté que vers 14 h 15. Paul Bérenger, le grand absent cette année à ce rendez-vous annuel des militantes et qui se trouve actuellement en France pour son traitement contre le cancer, a été bien applaudi à chaque fois que son nom a été prononcé.
Arianne Navarre-Marie, députée du MMM depuis 1976 et ancienne ministre des Droits de la femme (2000-2005), qui présidait ce congrès, a fait un rappel des réalisations du MSM et du MMM pour la promotion de la femme à différents niveaux et pour l’amélioration des conditions de vie. Une manière pour les deux partis samedi dernier de donner la réplique aux discours lors du rassemblement organisé par le gouvernement jeudi dernier dans le cadre de la Journée de la Femme et auquel Ségolène Royal avait participé. Arianne Navarre-Marie a entre autres mentionné la création d’un ministère s’occupant exclusivement des droits la femme et ceux des enfants en 1982 et l’introduction des lois à la même époque pour garantir les droits de la femme. « Asak fwa ki Anerood ek Paul ansam madam finn fer progre. Kan nou pran pouvwar an 1982 nou finn debaras nou Code Napoléon ki ti enn lalwa ki ti diskriminatwar anver bann madam et nou finn ranplas li par enn code civil morisien. Depi 1982, boukou lalwa finn sanze pou ranforsi drwa madam. Pa bliye an 2000-2005 nou finn amenn Sex Discrimination Act e nou finn kre Ombudsperson for children. Nou rasir ou ki dan enn evantwel gouvernman Remake bann madam pou fer ankor plis pou progre », a promis Arianne Navarre-Marie en réplique à l’assistance. « Ena lanprint Paul Bérenger ek Sir Anerood dan progre ki madam inn fer, li vre seki mo pe dir, pena ekzazerasion. Nou pa amen guest star, nou pa amenn Ségolène Royal pou fer diskour ki pa kadre avek realite morisien. Azordi isi nou pe koz bann problem ki madam pe fer fas ek nouvo defi ki bann madam bizin releve » a soutenu pour sa part Alan Ganoo, leader p.i du MMM.
Les intervenantes reconnaissent qu’il y a eu depuis 1982 une nette amélioration des conditions de vie des Mauriciennes mais soutiennent qu’il « reste encore beaucoup à faire » en raison des nouveaux défis. Les responsables la commission des femmes de ces deux partis notent un manque de respect de plus en plus envers la femme dans différents sphères de la vie et en ont fait le thème du congrès de samedi. Les six autres intervenantes ont fait part de leurs analyses sur les questions suivantes et ont fait quelques suggestions à l’assistance pour une amélioration de la situation : Fazila Daureeawoo (violence domestique), Josique Radegonde (la femme dans les publicités et les médias), Maya Hanoomanjee (violence dans la société), Françoise Labelle (prostitution infantile), Lysie Ribot (violence dans le monde du travail), Leela-Devi Dookhun (effritement des valeurs).
Mais ce qui inquiète le plus à l’heure actuelle les dirigeantes de ces deux commissions féminines ainsi que les deux leaders des deux partis, Alan Ganoo et Pravind Jugnauth, c’est l’augmentation des cas de violence domestique et la gravité des cas d’agressions physiques contre la femme allant jusqu’à provoquer des décès. « Sitiasion byen byen grav … Sosiete pe degrade … ki finn arive pou ki nou pe gayn otan violans ? kot nou pe ale ? » s’est demandée Leela Devi Dookhun. Selon la présidente de la Commission Femme du MSM, il ne faut plus se contenter des législations pour mettre un frein à cette dégradation, mais qu’il est urgent de changer la mentalité des hommes. Elle a insisté sur une campagne de sensibilisation à mener avec sérieux à tous les niveaux. Celle-ci et les autres intervenantes soutiennent que le gouvernement « a une part de responsabilité » dans la dégradation de la situation sociale et dans l’effritement des valeurs.