Au MSM, après les turbulences des deux semaines écoulées, c’est business as usual. Pravind Jugnauth a démarré sa conférence de presse d’hier en mentionnant les trois thèmes à l’agenda. Et ce n’est qu’à la fin qu’il a abordé le sujet crucial qui domine l’actualité: la situation sur le plan politique. Et là encore, c’est presqu’aux forceps qu’il a parlé de la cassure du Remake. Il évoqua, cependant, l’objectif atteint de Navin Ramgoolam. « Le leader du PTr a atteint son objectif qui était de casser le Remake 2000, de s’assurer qu’il n’y ait pas de meeting du 1er Mai et de discréditer certains aux yeux de la population », dit-il.
Indiquant qu’il a maintes fois prévenu que le chef du gouvernement n’avait aucune intention de venir de l’avant avec la réforme électorale, le leader du MSM estime que c’est sachant que « so natt dan coup de vent, Navin Ramgoolam inn servi réforme électorale comme un outil politique. » « Linn servi réforme électorale, mais pas seulement car linn servi oussi 2e Républik comme des manoeuvres politiques », dit-il. Et de laisser entendre sa conviction que les discussions entamées avec Paul Bérenger relevaient « seulement d’un move politique. Un move politique principalement kot linn atteind so objectif. » Pour le leader du MSM, l’agenda de Navin Ramgoolam est « de maintenir li au pouvoir et divisier pou pouvoir mieux régner. »
Cassure du Ramake : « Que Paul Bérenger assume ses responsabilités! »
Au sujet du Remake, il veut se montrer détaché. « Le MSM prend note que Paul Bérenger a cassé le Remake », dit Pravind Jugnauth. La presse a dû insister pour qu’il élabore davantage sur les dessous de la cassure. Ainsi, à la question des journalistes qui souhaitaient connaître son opinion relative aux déclarations du leader du MMM à l’effet que depuis janvier 2014, le Remake n’est plus, le chef du MSM avoue qu’il a du mal à comprendre. « Mo pa comprend kifer, dans nos réunions communes, à okenn moment Paul Bérenger pann évoque tou sala. » Et d’ajouter que « mo plis pa comprend enkor ki si ti ena enn problème aussi grave depi janvier, li finn appel so comité central ek so l’assemblée déléguée en mars à voter pour le Remake. » Réitérant qu’à ce jour, le MSM prend simplement note que « c’est Paul Bérenger qui a cassé le Remake », il estime que, dès lors, « la question est de savoir quel est le rôle du Comité Central qui doit à nouveau se rencontrer. Sera-t-il question de ratifier ce vote? »
Interrogé sur les possibilités de nouvelles négociations pour une remise sur pied d’un Remake avec de nouvelles conditions et l’éventualité que le MSM se présente comme un junior partner, Pravind Jugnauth, évitant de répondre clairement, déclare : »Moi mo guette zordi. Mo planifier pou mo parti pou demain. L’envie c’est bann spéculations sa. » Malgré l’insistance de la presse concernant la remise sur pied du Remake, le leader du MSM ne laissera rien transparaître de son souhait. « Bérenger parle. C’est lui qui a cassé le Remake. C’est lui qui a dit qu’il faut oublier le 30-30, le 3-2. Il faut lui poser la question. Il n’a pas parlé avec moi. Qu’il prenne ses responsabilités! », dit-il. Et d’ajouter que pour le MSM, le travail continue, comme avant, comme ce fut le cas même durant la récente période où le leader du MMM et le leader du PTr se rencontraient pour discuter.
« Aujourd’hui, nou libre »
Sur l’insistance de Week-End souhaitant savoir s’il souhaitait la remise sur pied du Remake, comme il l’avait indiqué il y a une semaine, et l’éventualité que de nouvelles négociations démarrent, Pravind Jugnauth répond que, pour sa part, « mo pena okenn négociation. » Interrogé sur la position du MSM, désormais seul, sur la réforme électorale et l’élimination du Best Loser System, le leader du MSM fait ressortir que si son parti, en alliance avec le MMM, a eu des discussions et que les deux partis étaient parvenus à des compromis sur plusieurs thèmes, dont la réforme électorale, les positions de responsabilités dans le Remake, le partage des circonscriptions, etc., « aujourd’hui, nou libre. »
Rencontrera-t-il, donc, le Pm pour discuter de la réforme? « Soyons clair. Il n’y aura pas de négociations », dit-il. Et de faire ressortir qu' »alors que le leader du MMM a rencontré le chef du gouvernement et qu’ils ont eu plusieurs discussions, parvenant presqu’à un accord, à tel point que Navin Ramgoolam a lui-même indiqué qu’il a donné les directives pour drafter un bill, aujourd’hui le Pm vient dire que la réforme sera pour après des élections. » Pravind Jugnauth profite de l’occasion pour saluer la prise de position de Lalit, soulignant qu' »il était évident que zis deux dimoun ti pou ena discussion et les autres zot bann apports, propositions, ti pou prend pou mett dans poubel. » Selon lui, la réforme électorale n’est plus d’actualité. Cependant, cela aura permis au Pm de faire perdre le temps aux députés mis en congé forcé pour un mois, alors que le pays fait face à des situations critiques sur plusieurs plans. 
Interrogé sur le regard qu’il porte sur les événements qui ont secoué la scène politique, ces deux semaines, et principalement les décisions de Paul Bérenger, Pravind Jugnauth ne s’aventure pas à faire de commentaires. Paul Bérenger est-il la victime dans tout ce branle-bas? Là encore, le leader du MSM ne veut pas se compromettre : »Mo pa pou kalifié seki inn été dans sa cinéma-là. Guette zis lepep ki pe dir. » Il laisse entendre qu' »au MSM, nou finn toujours sincer dans le Remake et nou finn fer tout pou ki remake continue so travay. »
Selon lui, il n’y avait  aucun doute que 1er Mai, le Remake aurait provoqué une marée humaine à Port-Louis que qu’ensuite, avec les élections générales, « nou ti pou balyé caro. » « Mais maintenant ke Paul Bérenger a mis fin au Remake, maintenant qu’il a dit que le Remake est Out, tout est fini. » Le MSM est paré à toute éventualité, rappelle Pravind Jugnauth, interrogé sur sa liste de candidats pour des élections générales. « Nou paré pou n’importe ki bataille ki vini pli divan », dit-il, ajoutant: « Nou lib et nou continué nou laction. Nou ena enn travay nou pe fer. Le pep pe attan bocou de nou et mo lé réponn à l’aspiration de la population. »
Pravind Jugnauth rappelle que l’objectif du MSM demeure de faire partir Navin Ramgoolam et son gouvernement. À l’observation de Week-End que le leader du MSM, même s’il impute la cassure du Remake à Paul Bérenger, semble épargner le leader des mauves de toute critique, Pravind Jugnauth répondra qu’il n’a qu’une seule chose à dire: « Moi, mo pa emmerdé ditou. »