De retour d’Angleterre où il a rencontré l’avocate Clare Montgomery de Matrix Chambers — qui le défendra aux côtés de ses hommes de loi pour son procès en appel après sa condamnation par la justice dans l’affaire Medpoint —, Pravind Jugnauth a tenu à remettre les choses dans leurs contexte respective. Et ce, suite à la position du Bar Council dans le sillage de l’affaire qui oppose Me Satyajit Bolell, Directeur des Poursuites Publiques (DPP) à la police et l’Independent Commission against Corruption (ICAC), laquelle a secoué le monde judiciaire. Il a expliqué son incompréhension face au refus du DPP de répondre aux enquêteurs de l’ICAC. « Ki fer li pe per ? », s’est-il demandé.
Face à la presse hier matin, le leader du MSM était entouré des ministres et députés du parti pour s’exprimer longuement sur cette actualité. Mais, auparavant, Pravind Jugnauth n’a pas manqué de rappeler que si le MSM et ses partenaires — PMSD et ML — constituent le gouvernement, c’est suite « à une vote massive » en faveur de l’Alliance Lepep.
Les élections municipales de juin dernier ont aussi, dit-il, démontré que la population a plébiscité la même alliance avec la même ferveur. Malgré les affirmations de l’opposition, plus précisément de Paul Bérenger, selon Pravind Jugnauth, « pa pou ena eleksion zeneral avan lafen lane !  » Et de préciser : « Nous avons le soutien et la confiance de la population. « 
L’ancien ministre des TIC a expliqué que depuis que le gouvernement est au pouvoir, celui-ci s’est attelé à démanteler un système mafieux. Ce dernier a pointé du doigt « certains professionnels et intellectuels qui font partie de cette mafia » qui feraient croire à la population qu’il existerait un climat de terreur dans le pays.
« Quand je pense à mon arrestation un 26 décembre, après les directives de Ramgoolam… j’ai été traîné aux Casernes centrales où j’ai donné un statement pendant 16 heures avant d’être libéré ! A cette époque, même mon avocat, Roshi Badhain, avait été arrêté, une charge provisoire pesait contre lui… Il a dû se défendre en Cour avant que cette charge ne soit enlevée. Mais, où se trouvait alors le Bar Council ? Ou ti tann Bar Council lerla dir : ena enn avoka inn arete, inn met enn sarz provizwar, enn lot inn trenn li akoz linn koz enn sertenn verite ! Lerla ou ti tann tapaz ? Enn fey pa ti bouze ! », a lancé Pravind Jugnauth. Ce dernier a cité d’autres exemple d’arrestations injustifiées, survenues sous le régime travailliste, où il estime que le Bar Council aurait pu s’exprimer.
« SAJ so la sante korek ! »
Le leader du MSM a laissé entendre que la crise institutionnelle dans l’affaire du DPP, est un faux débat : « Parce que l’ICAC veut interroger le DPP, on convient que cela relève d’une crise institutionnelle ! » Pravind Jugnauth a dit ne pas comprendre pourquoi le DPP refuse de donner sa version des faits aux enquêteurs de l’ICAC, alors qu’il y a Prima Facie Case. « Je ne comprends pas ce refus. Ki fer li pe per ? Je laisse au peuple de juger si Justice must not only be done, but must be seen to be done et si le principe que nous sommes tous égaux devant la loi est une vraie perception. » Et d’expliquer que d’autres personnalités, y compris du judiciaire, se sont soumises aux enquêtes de la police.
D’autre part, Pravind Jugnauth a clarifié ses positions sur les propos et démarche de son ancien homme de loi, Me Antoine Domingue. Le leader du MSM estime que ce dernier a agi contre l’éthique en annonçant publiquement qu’il avait déjà retenu les services de Clare Montgomery, alors que la rencontre n’avait pas encore eu lieu. Il reproche à Me Domingue d’avoir formulé des allégations contre lui, alors que celui-ci assurait sa défense.
« A mon retour, je lui ai fait part de mes positions et que je n’approuvais pas sa démarche. Je lui ai donc demandé de se retirer comme mon homme de loi pour qu’il puisse être libre de faire les déclarations qu’il souhaite. Je me suis rendu effectivement en Angleterre pour retenir les services de Clare Montgomery… « , a déclaré Pravind Jugnauth.
Quant au Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth, qui se trouvait également en Angleterre où il a fait un très court séjour avant de se rendre en France, il se porte bien, a affirmé Pravind Jugnauth. « Sir Anerood Jugnauth so la sante korek ! » Et ce, contrairement, a-t-il dit, aux rumeurs qui circulent et alimenté par Paul Berenger et « lezot dimounn ».
Le leader du MSM a aussi démenti les rumeurs notamment du MMM qui imputent sa visite en Angleterre à une « mission » spéciale. Le MMM et le PTr, selon Pravind Jugnauth, poursuivent leur déclin, tandis que le gouvernement l’Alliance Lepep ira jusqu’au bout de son mandat.
Répondant à une question de la presse sur la polémique entre le ministre des Terres et du Logement, Showkutally Soodhun et le Premier ministre par intérim et leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, il a expliqué qu’il a rencontré les deux hommes et que les propos du ministre Soodhun n’avaient pas lieu d’être tenus.
« Mo pa trouve ki ti ena enn nesesite pou fer sa deklarasion la (…) J’ai eu l’occasion de parler à Xavier personnellement, le chapitre est clos », a déclaré Pravind Jugnauth.