Au cours d’une conférence de presse samedi au Sun Trust, le leader du Mouvement socialiste mauricien a mis l’accent sur le Local Government Bill qui devrait être présenté mardi à l’Assemblée nationale. Dans son intervention, Pravind Jugnauth n’a pas manqué d’évoquer la corruption et le report des municipales. Il s’est par ailleurs insurgé du fait que la fille du ministre des Administrations régionales Hervé Aimée est membre de la Local Government Service Commission.
« Enn bann rezon fondamental kifer nou finn kit gouvernman se akoz frod ek koripsyon. » Propos du leader du MSM Pravind Jugnauth samedi dans sa conférence de presse au Sun Trust Building. Il a affirmé avoir été en présence de « scandales » quand il était partenaire de l’Alliance de l’Avenir. Il a fustigé une fois encore l’Independent Commission Against Corruption (Icac), soutenant que l’institution n’est indépendante que de nom.
Le leader du MSM n’y va pas de main morte avec le Central Criminal Investigation Department (CCID), l’accusant de faire de la « selective investigation ». Pour étayer ses dires, Pravind Jugnauth a cité l’affaire Khamajeet qu’il considère comme étant des aveux « kouma li avek governma fonksyone ». « Sa la lwa-la pe travay par le parti travayis depi 6 ans », a déclaré Pravind Jugnauth. Quand il était allié du gouvernement, il aurait demandé si le Local Government Bill avait l’attention qu’il méritait mais « enn papie pa ti ena ».
Le gouvernement avait donné plus de temps au ministre des Administrations régionales Hervé Aimée pour finaliser le Local Government Bill parce que les municipales devaient être organisées au plus vite. Pour Pravind Jugnauth, le projet de loi date de 2003 quand l’alliance MMM-MSM était au pouvoir. « Nou ti donn langazman ki ti pou vinn de lavan ek bill-la en mars 2011 ek ti pou fer eleksyon sa lane-la », a affirmé le leader du parti Soleil. Et d’ajouter qu’il y avait divergences parmi les ministres parce qu’il voulait savoir si notamment les députés pouvaient être candidats aux élections et sur les finances des municipalités.
Selon Pravind Jugnauth, à un moment donné Hervé Aimée aurait dit qu’il avait finalisé le projet de loi. « Aimée demann Navin Ramgoolam si linn guet la lwa-la… PM dir wi pe fer mem-la », a avancé le leader du MSM avant d’ajouter : « Pov Aimée… Mal aimé du PM. » Il a soutenu avoir eu de la peine pour le ministre des Administrations régionales, soulignant qu’il ne faut pas le blâmer mais qu’il faut plutôt critiquer la « lenteur de Navin Ramgoolam » à ses 14 mois au sein de l’Alliance gouvernementale.
« Aimée inn subir seki nou finn subir dan sa contexte-la… Mem conseiller Parti travayis Clency Lajoie finn tenir le PM personnellement responsable », a lancé le leader du parti Soleil. Selon Pravind Jugnauth, le Premier ministre repousse les municipales parce que « li per rezilta eleksyon ».
« Zot koz clan familial alor ki minis Aimée so tifi membre dan Local Government Service Commission », s’est insurgé le leader du MSM. Il a soutenu que la famille Aimée « pe pran institusyon-la ». Il trouve la situation « ironique », expliquant que, d’un côté, le Premier ministre introduit l’Equal Opportunities Act et, de l’autre, « zot met lame lor bann institution-la ».