Pravind Jugnauth a axé la conférence de presse hebdomadaire du MSM sur deux points samedi : le redécoupage électoral et les pertes d’Air Mauritius. Le leader du parti Soleil a affirmé que la décision de vendre la compagnie d’aviation nationale en commençant par ses biens immobiliers a déjà été prise.
« Inn fini deside pou vann Air Mauritius », a soutenu Pravind Jugnauth samedi à la conférence de presse hebdomadaire de son parti au Sun Trust. Selon le leader du Mouvement socialiste militant (MSM), l’information émanerait d’un contact au Prime Minister’s Office. « Se dimounn dan so lantouraz ek dan so biro kinn donn mwa sa bann informasyon-la… Dimounn pe perdi konfians dan PM », a-t-il estimé. L’ancien vice-Premier ministre a soutenu que son contact lui a dit qu’il est « choqué » par la manière dont Navin Ramgoolam gère le problème d’Air Mauritius.
Selon Pravind Jugnauth, le Premier ministre va commencer par vendre les quelques « bijoux » appartenant à Air Mauritius. « Dimounn inn fini pare pou aste batiman Pailles-en-queue, lotel Cotton Bay ek servis elikopter… Apre Air Mauritius aussi pou vande avek bann etranger », a affirmé le leader du parti Soleil.
Le PM est le seul responsable de la chute de la compagnie d’aviation nationale « qui faisait la fierté du pays », a soutenu Pravind Jugnauth. Ce serait l’« ingérence de Navin Ramgoolam », le seul capitaine du vaisseau, qui aurait enfoncé la compagnie « dan delo » jusqu’à la faillite.
En novembre 2011, Air Mauritius émet un communiqué soutenant que la compagnie reste focalisée sur le développement à long terme et en février un autre annonçant des pertes estimées à Rs 1 milliard. « Situation telman bon ki zot pa get short term, zot get long term development plan… », dit-il.
S’agissant du redécoupage des electoral boundaries, Pravind Jugnauth a affirmé que les déclarations de Hervé Aimée sont contradictoires. Dans sa première déclaration, après la contestation du MSM sur le redécoupage devant la présidence, le ministre des collectivités locales aurait dit que le président n’a pas le pouvoir d’agir. Le leader du MSM a ajouté que le ministre aurait changé de version en déclarant sur les ondes d’une radio que « le président a toute la latitude pour le faire et si le président pense qu’il faut revoir les boundaries je ne peux que le suivre ».
« Lepep bizin kone ki redekoupaz inn fer par enn minis ek so bann konseyer… Pa par enn institition. Pe esey favoriz parti travayis », a-t-il soutenu. Le leader du MSM a ajouté que le ministre des collectivités locales n’aurait pas respecté la loi en vigueur, qui donne au président les prérogatives d’initier des actions concernant le redécoupage. « Minis Aimée inn bypass la présidans ek Electoral Boundaries Commission », a déclaré l’ancien VPM en disant que c’est « honteu ek indign du gouverman pou rod fer kroir ki komisyon elektoral pe vinn cautionn zot viol de la demokrasi ». Selon lui, il n’y a eu aucune consultation sur le sujet avec les autres partis politiques et le peuple. « Inn fer sa dan ledo plis ki 500 000 elekter ! »