Le leader du MMM et de l’opposition, Paul Bérenger, est, selon Pravind Jugnauth, pressé de voir la tenue des élections générales. Il montrerait même des signes d’empressement. Le leader du MSM, qui animait la conférence hebdomadaire de son parti hier matin au Sun Trust Building, est revenu sur des détails qui indiqueraient, selon lui, que, pour Paul Bérenger, les élections seraient une affaire de quelques semaines.
L’attitude de Paul Bérenger a d’emblée fait l’objet des premiers commentaires de Pravind Jugnauth. “À la dernière séance parlementaire, le leader de l’opposition a fait une remarque sur le vote du Constitutional (Declaration of Community) (Transitional Provision) Bill assez fort pour être entendue. Il a laissé entendre que c’était la dernière fois qu’il votait. Ses commentaires laissent comprendre qu’il attend la dissolution du Parlement pour aller aux élections générales (…) Mieux, pour faire partie du prochain gouvernement. Il ne lui reste qu’à annoncer la date des élections !”a déclaré Pravind Jugnauth.
Ce dernier a toutefois noté que si Paul Bérenger a démontré des signes d’empressement, en revanche, pour le Premier ministre et leader du Parti Travailliste, Navin Ramgoolam, les élections ne sont pas une affaire de quelques semaines mais de quelques mois. “Il a dit que sa priorité était la présentation du prochain budget”, a souligné Pravind Jugnauth. Ce dernier, qui a déploré les déclarations contradictoires de Paul Bérenger et de Navin Ramgoolam, a surtout pointé du doigt le leader des mauves. “Comme Navin Ramgoolam, il disait que le projet de loi déboucherait sur la réforme électorale. Mais nous avons eu, comme il l’a qualifié lui-même, un mini-amendement. Paul Bérenger avait dit qu’en fonction de cette loi, il avait pour priorité la réforme électorale. Ziska ler se tou le kontrer ki pe arive !”
“Bérenger à genoux devant Ramgoolam”
Pravind Jugnauth a réitéré ses observations sur l’utilisation de la réforme électorale comme un instrument et un calcul politique par Navin Ramgoolam. Le leader du MSM a déclaré :“Navin Ramgoolam ne croit pas dans la réforme électorale, mais il veut rester au pouvoir. Linn amen Paul Berenger dan enn sitiasion ki Bérenger mem pa pe realize. De son côté, Paul Bérenger est tellement assoiffé de pouvoir ; il vise le poste de Premier ministre.Zame avan mo pann trouve ki manyer Paul Bérenger finn diskredit li otan opre la popilasion ek militan MMM”. Et toujours selon le leader du MSM, pendant que Navin Ramgoolam “travaille pour une clique seulement”, le leader de l’opposition “est à genoux devant lui”.
Pravind Jugnauth a également estimé que Paul Bérenger a été ridicule quand celui-ci s’est demandé, dans une précédente conférence de presse des mauves, pourquoi le leader du MSM n’a posé de questions parlementaires sur le bâtiment de Sicom, la Rolls-Royce du Premier ministre, etc. “Il ne réagit plus comme leader de l’opposition car c’est lui qui a le privilège de poser des PNQ ! Je rappelle qu’il avait défié le Premier ministre de déclarer ses avoirs”. Et comme pour adresser un message au leader de l’opposition, Pravind Jugnauth lui demande “d’arrêter de se ridiculiser”. Ce dernier s’est dit consterné par le désintérêt des deux leaders par la santé sociale du pays. Il a cité le nombre d’enfants de rue, 7 000 selon lui, et la présence de la drogue dans certains collèges.
L’achat des A350-900 grossit la dette publique
Après son tour d’horizon politique, le leader du MSM a commenté l’achat de quatre A350-900 au coût de Rs 40 milliards, la location (à bail) de deux autres airbus et l’option pour l’acquisition de trois Airbus entre 2023 et 2025 par Air Mauritius. “Cette nouvelle qui est d’abord sortie dans la presse étrangère contraint, selon nos informations, le pays à s’engager à un paiement supérieur à Rs 75 milliards”, a dit Pravind Jugnauth. Mais ce qui l’inquiète, a-t-il expliqué, c’est qu’à l’approche des élections générales, avec ces acquisitions, le gouvernement a pris le parti de grossir la dette publique qui est de Rs 200 milliards.
Pravind Jugnauth a annoncé une réflexion en cours par son parti sur le transport public. Il a dénoncé l’opacité dans laquelle se prépare le projet de métro léger et s’est dit étonné que le trajet Port-Louis/Curepipe, sans Ébène et Bagatelle, est passé de Rs 15 milliards (budget au temps où il était aux Finances) à Rs 22 milliards !
Passant rapidement sur la vente des casinos de Maurice, le leader du MSM a fustigé la politique de “petits copains” favorisée par le gouvernement. La gestion des casinos par les proches du pouvoir, selon lui, n’a pas été sans conséquences.
Sans pour autant commenter la décision annoncée vendredi dernier en Cour suprême de repousser le délai pour l’obtention de la nouvelle carte biométrique, Pravind Jugnauth (qui avait entré un procès en cour en ce sens) a toutefois tenu à rappeler les raisons de sa contestation.
“Je n’ai aucun problème avec la présence des empreintes digitales et de la photo biométrique sur la carte d’identité. Et ce, tant que la carte d’identité reste en possession de l’individu. Mais je conteste le fait que ces informations soient stockées dans une banque de données ! Ce qui va à l’encontre de la loi. Je rappelle qu’au lendemain de l’attentat de septembre 2011 aux États-Unis, Navin Ramgoolam, qui devait s’y rendre, avait refusé de se soumettre aux procédures qui exigeaient les empreintes digitales des visiteurs étrangers !”
À l’heure des questions, le leader du MSM, qui répondait à Week-Endsur l’approche de son parti sur les problématiques sociales auxquelles il avait fait allusion, a d’abord fustigé les ministres Mireille Martin et Vassant Bunwaree. Selon Pravind Jugnauth, ces derniers, ciblés par Paul Bérenger, sont plus préoccupés par leur avenir politique que par leur dossier. Le MSM, a-t-il répondu, est conscient que ces problèmes ne peuvent être résolus du jour au lendemain et que le gouvernement a besoin d’être épaulé par des organisations non-gouvernementales sérieuses. Le MSM qui, a-t-il dit, croit dans la réforme de l’éducation, se penchera sur un document dans cette optique.