Le leader du Mouvement socialiste militant (MSM), Pravind Jugnauth, poursuit sa campagne contre la photo biométrique et les empreintes digitales sur la nouvelle carte nationale d’identité. Il veut savoir si le personnel engagé dans les centres d’enregistrement a été soumis à un “Oath of secrecy” pour préserver la confidentialité. C’était samedi dernier lors d’une conférence de presse du MSM au siège du Sun Trust, à Port-Louis.
Pravind Jugnauth soutient que les personnes engagées pour la collecte d’informations sur chaque individu seraient proches du Parti travailliste (PTr). « Elles ne sont pas des officiers du gouvernement, voire de l’État civil. A mon avis, il n’y aura donc pas de confidentialité », dit-il. D’après la Civil Status Act, tout officier de l’État prend un “Oath of secrecy” pour ne pas divulguer les données privées des citoyens, a-t-il fait ressortir.
Pravind Jugnauth a affirmé que la prise d’une photo biométrique et des empreintes digitales reste très controversée. « Pour nous, cela constitue une atteinte à la liberté de tous les Mauriciens et va à l’encontre de la Constitution. Avec les données individuelles et privées, ce sera un instrument entre les mains d’un gouvernement fasciste pour traquer certaines personnes surtout celles qui soutiennent le camp adverse », soutient-il.
Pour le leader du MSM, le juge David Chan Kam Cheong lui a donné raison en Chambre de contester la démarche de l’État exigeant la photo biométrique et les empreintes digitales. « C’est illégal et la loi ne permet pas d’opter pour ces deux éléments. Le juge m’a accordé le droit de ne pas aller refaire ma carte d’identité jusqu’à septembre 2014. Cela ne représente pas une, mais trois victoires ».
Pravind Jugnauth a rappelé les faits depuis qu’il a logé cette affaire le 30 septembre 2013, et  qui a été appelée en Cour le 3 octobre 2013, avant de conclure que « c’est moi qui ai démontré que le gouvernement était dans l’illégalité ». « Dans son contre-affidavit, l’État a dit que tout est fait dans la légalité et n’a pas informé le juge que des règlements étaient en préparation. Il a publié en catastrophe ces règlements pour la validation des empreintes digitales et des données biométriques pour la nouvelle carte d’identité nationale. S’il ne l’avait pas fait l’exercice d’enregistrement aurait été illégal. C’est là la première victoire », a-t-il dit.
M. Jugnauth a poursuivi pour dire que ce combat est pour la liberté des Mauriciens et de la démocratie. « Suivant la décision du juge en Chambre, le Bureau du PM émet un communiqué dans la soirée du 4 octobre pour dire que les citoyens n’ont aucune obligation de soumettre leurs empreintes et photos jusqu’à septembre 2014. Mon objectif a été atteint », a-t-il déclaré, avant, d’inviter les Mauriciens à ne pas se faire enregistrer et à attendre le verdict de la Cour avant septembre 2014.
Sous ce même chapitre, le leader du MSM s’est montré critique envers le ministre Tassarajen Pillay Chedumbrum pour sa déclaration après le verdict du juge Chan Kam Cheong. « Que Tassarajen Pillay lise mon discours sur le Finance Bill prononcé le 18 décembre 2009 avant de débiter des bêtises ». Il a aussi fait le procès de Rama Rao, le Project Director « qui est un agent politique ayant pris part activement à la campagne électorale de 2010 ».