Le leader du Mouvement Socialiste Militant, Pravind Jugnauth, a convié la presse hier après-midi au Sun Trust pour commenter la conjoncture économique, et plus précisément les « égarements » du « pilote Navin Ramgoolam ». Et d’alléguer notamment que la « mauvaise performance » d’Air Mauritius ne doit rien au hasard : il s’agirait des prémices d’un « deal »…
La conférence de presse du MSM se voulait axée sur l’économie. Mais pas de réponse du berger à la bergère. Pravind Jugnauth devait ménager l’actuel ministre des Finances pour se concentrer sur le « pilote Navin » qu’il estime être l’unique maître à bord. « Li trouv tou lide bon, me li pa aplik narnye », soutient-il.
Pravind Jugnauth a surtout fustigé la gestion d’Air Mauritius, la compagnie d’aviation nationale. Il juge Navin Ramgoolam personnellement responsable du manque de réactivité quant à l’ouverture de l’espace aérien. « Le ministre des Finances Xavier-Luc Duval a lui-même pris à contre-pied le PM en affirmant à l’anniversaire du Paradise Cove qu’il souhaitait le redémarrage des vols directs vers Shanghai et Beijing ».
Toutefois, la « nonchalance » travailliste ne doit rien à « l’inefficacité pure et simple », soutient Pravind Jugnauth. À terme, allègue-t-il, « zot pe koul Air Mauritius expre pou kapav donn li bann etranze ». Les étrangers en question ? « Scoop la : ena bann negosiasyon ki pe ena lyen avek Livingston Airline pou fer deservi Maurice-Milan », soutient-il.
Recommandations du leader orange : libérer l’espace aérien, revenir vers l’idéal d’une nation duty-free, plus de « focus » sur des marchés comme la Chine comme le font les Maldives et les Seychelles, notamment. « Plus de 200 millions d’individus font partie, en Afrique subsaharienne, de la classe moyenne. Il suffit qu’on puisse récupérer 1 % de ce chiffre ». Et d’estimer qu’il est temps de cibler un autre pays africain dans nos ambitions de libérer davantage l’espace aérien.
Par ailleurs, pour Pravind Jugnauth, « klas moyenn pe disparet dan pei la. Ena plis ris ek plis pov. Bann dimoun o ba de lechel pa pe kapav monte ». Il devait à plusieurs reprises user du contre-pied lors de cette conférence de presse, relayant par intermittence les « aveux d’échecs » et autres incohérences. « Minis Duval mem finn dir : Nos marchés subissent les effets d’une crise et nous n’avons pas de solutions. L’économie aurait pu s’améliorer si le taux était bien aligné… Li admet li pena solution, apre li remet en coz konpetans Bheenick ».
Pravind Jugnauth a une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme par rapport aux indicateurs tels la balance commerciale et les comptes courants, notamment, s’indignant au passage du « laxisme » rouge et bleu. Se permettant une énième boutade, il affirme : « Maurice île Durable ? Sel zafer ki li pe rod fer vinn dirab se limem : Navin Durable ».