Les photos montrant le Premier ministre dansant avec la femme d’affaires Nandanee Soornack ont été largement commentées lors du congrès du MSM à Trois-Boutiques hier soir. Sir Anerood Jugnauth s’est en effet appesanti sur « l’immoralité » qui s’ajoute aux différents problèmes que connaît déjà le pays. Il a aussi laissé entendre que la population doit savoir comment une simple “Salesgirl” est devenue multimillionnaire. Il s’est demandé si la Mauritius Revenue Authority (MRA) et l’ICAC ont enquêté sur cette affaire. Pravind Jugnauth a lui aussi abordé la question de « l’immoralité » et est revenu sur l’affaire MITD, entre autres. Il est d’avis que les institutions sont aujourd’hui « manipulées », ce qui expliquerait pourquoi il n’y a pas d’enquête dans les différents scandales.
Intervenant à Trois-Boutiques hier soir, Sir Anerood Jugnauth a d’abord rappelé les « conditions difficiles » qu’a connues le pays avant les élections de 1982. Il a déclaré que Maurice vit une situation semblable aujourd’hui et que le pays est en train de sombrer. « Ena problem politik, ekonomik, sosyal ek moral… partou pe pouri », a-t-il avancé. Il a aussi évoqué la « trahison » de Paul Bérenger qui, a-t-il soutenu, était venu le voir au Réduit pour « donner un coup de main afin de sauver le pays ». Mais aujourd’hui, a-t-il ajouté, « ce même Bérenger est en train de mendier une alliance avec celui qu’il traitait de pourriture ».
SAJ a par la suite abordé la question de la vie privée et la vie publique. Selon lui, les photos parues dans l’Express n’avaient « rien de privé », affirmant que les Mauriciens « ont le droit de savoir comment une Salesgirl est devenue multimillionnaire en l’espace de 5 à 6 ans et détient le monopole sur l’aéroport ». Selon lui, « un Premier ministre doit être comme un papa : il doit donner le bon exemple à la population ». Il a aussi dénoncé les tentatives de « tuer la démocratie ».
Dans la foulée, il a annoncé que le MSM reviendra avec des informations « compromettantes » concernant l’achat d’une maison coloniale par Nandanee Soornack à Floréal . « Eski Registrar inn fer reassessment sa domenn la ? Eski inn ena ofans à la loi antikoripsyon ? Eski MRA inn ankete pou kone kot inn gayn sa larsan la ? » s’est-il demandé.
SAJ est par la suite revenu sur “l’épisode Macarena”, tout en rappelant que Paul Bérenger avait « vivement critiqué » cette affaire. Il a ajouté, avec humour : « Yer to ti dans macarena, zordi to danse sega, dimin nou pou fer twa danse la polka divan lepep. »
Pravind Jugnauth est, lui, revenu sur les différents scandales secouant le pays, notamment l’effondrement de la Ring Road, le glissement de terrain sur la route Verdun-Terre Rouge, le métro léger et les fissures à la prison de Melrose, entre autres. « On est en train de dilapider les fonds publics », a-t-il déclaré. Il a également critiqué l’achat de quatre nouveaux avions par Air Mauritius, dont les prix n’ont pas été dévoilés. Il s’est demandé pourquoi Air Mauritius veut garder cette information secrète alors que des compagnies comme Emirates Airline et Singapour Airline publient tous leurs comptes.
Comme SAJ, Pravind Jugnauth a dénoncé « l’immoralité » en faisant référence aux photos publiées dans la presse. Il a aussi cité l’affaire de pédophilie alléguée au MITD et dans laquelle « toutes les informations données personnellement au CID n’ont abouti sur aucune enquête ». De même, a-t-il dit, il avait donné des informations à la police sur les instructions reçues pour que le contrat de la boutique Duty Free soit accordé à Nandanee Soornack et Rakesh Gooljaury. « Mais, là encore, il n’y a pas eu d’enquête. » Et de commenter aussi l’affaire Varma, où il y a eu « deux Form 58 et même les déclarations du policier à l’effet qu’il ne s’agissait pas de son écriture, et qui n’ont pas été prises en considération ». Ce qui le pousse à dire qu’il y a « manipulation de nos institutions ».