En ce début d’année, les négociations engagées par le Joint Negotiating Panel (JNP), regroupant quatre syndicats de l’industrie sucrière, et la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA), semblent dans l’impasse. C’est ce qui découle d’une communication officielle, signée Jean Li Yuen Fong, directeur de la MSPA, adressée en début de semaine aux représentants syndicaux, où il est question du blocage des discussions sur les propositions formulées par les deux parties depuis la fin de l’année dernière. Dans la conjoncture actuelle, la MSPA a pris la décision d’avoir recours à d’autres instances, telles la Commission de conciliation et de médiation (CCM), le Tribunal d’arbitrage ou même le ministère du Travail et des Relations industrielles, et ce en vue de conclure ce nouveau Collective Agreement. De son côté, le Joint Negotiating Panel syndical ne l’entend pas de cette oreille et devait transmettre au patronat une lettre au courant de la journée réclamant un nouveau rendez-vous pour passer en revue la situation au niveau des relations industrielles dans le secteur sucre.
« In the proposals of the trade unions, we have noted demands for high salary and upward review of all fringe benefits coupled with reduction of working hours and task work. However, there has not been a single proposal made to improve the productivity of employees which is crucial to the sustainability of the sector », souligne le directeur de la MSPA en s’appuyant sur la clause 12 du Code of Practice dans cette correspondance aux syndicats.
La MSPA dresse un parallèle entre les demandes syndicales et les propositions du patronat, dont principalement une augmentation salariale de 30% contre 8,5% venant de la MSPA, un salaire minimal de Rs 13 700, alors que cette dernière organisation affirme que, dans la pratique, « the monthly remuneration of a worker is higher ».
L’industrie sucrière conteste également la thèse de “Fair Trade” avancée par le JNP et présentée comme une certification, qui ne peut être envisagée que pour les petits et moyens planteurs, soit environ 5 000 avec une production de 20 000 tonnes de sucre. « La certification de “Fair Trade” n’est donc pas applicable aux membres de la MSPA, qui ne peuvent y avoir accès de par la taille des diverses entreprises. Cependant, il est important de noter que ces dernières ont d’autres certifications de qualité, qui incluent des normes de pratiques d’emploi équitable », soutient le directeur de la MSPA dans un communiqué pour expliciter la position de l’industrie sucrière.
La MSPA avance qu’à ce stade des négociations, elle a déjà fait des concessions en abandonnant son projet de concept de 24/7 en demandant uniquement que les usines puissent opérer les dimanches dans des cas d’urgences aussi bien que par rapport aux quatre jours de congé du début de janvier. « Nous avons de plus accepté la demande des syndicats à l’effet que les conditions de travail des travailleurs, avec des contrats à durée déterminée, soient alignés sur celles des permanents, ainsi que de nombreuses autres demandes concernant des prêts, des équipements, etc », ajoute Jean li.
La MSPA, après avoir pris en considération les contre-propositions syndicales et voulant « faire avancer ces présentes négociations afin d’arriver à une situation de “Win-Win” pour les deux parties », a décidé de faire appel à des institutions indépendantes susmentionnées. « However, we reiterate that the MSPA members are mindful to reach an agreement within the best delay in the true spirit of collective bargaining. In that context, the MSPA members are investigating all lawful avenues provided in the Employment Relations Act 2008 to bring the negotiations to, a successful outcome in the best interests of all parties concerned », termine Jean Li.
De leur côté, les dirigeants du JNP – regroupant la SILU, l’UASI, l’AGWU et l’OUA – ne partagent pas l’avis du patronat et, dès la réception de la correspondance, ils ont pris la décision de solliciter une nouvelle rencontre. Cette dernière devait être soumise dans le courant de la journée.
« La MSPA, qui regroupe les sociétés les plus riches du pays, ne peut imposer son choix aux laboureurs et artisans de l’industrie sucrière. Au cas contraire, cela deviendrait un système d’esclavage où le désir du maître devient automatiquement la réalité. Nous constatons qu’après avoir fait étalage des profits florissant des compagnies sucrières et, chiffres à l’appui, abordé la question de “Fair Trade”, la MSPA a changé d’attitude. Et c’est vraiment dommage », a déclaré Ashok Subron, un des négociateurs syndicaux.