La première réunion des négociations entre la Mauritius Sugar Producers Association et les syndicats de l’industrie sucrière, principalement le Joint Negotiating Panel et la Plantation Workers Union, a eu lieu à Réduit hier.
Premier round de négociations entre la Mauritius Sugar Producers Association et les syndicats de l’industrie sucrière à Réduit hier. Étaient notamment présents le Joint Negotiating Panel (JNP), qui représente les artisans, et la Plantation Workers Union (PWU), pour les travailleurs agricoles. Les différentes propositions de la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), formulées la semaine dernière, ont été décortiquées par les syndicalistes et des éclaircissements ont été réclamés. Au tour maintenant pour ces derniers d’expliquer à leurs membres les détails des propositions de la MSPA. Ce qui se fera le 1er septembre prochain. Après quoi les syndicats reviendront à la table des négociations pour informer la MSPA des décisions prises par les travailleurs.
Commentant les propositions de la MSPA, Ashok Subron, négociateur du JNP, a estimé que le patronat est en train de proposer un changement fondamental « ki fin pran 100 banane pou nou akerir ». Et d’ajouter : « Il veut faire du dimanche un jour normal et des jours fériés, des jours d’opération. » Selon lui, le patronat propose également des changements dans le système de boni et des tâches à accomplir, entre autres. « Pour nous, c’est un retour à l’esclavage qu’on nous propose. Nous maintenons notre position », a-t-il déclaré.
Pour Haniff Peerun, négociateur de la PWU, il faut retenir la main-d’oeuvre dans ce secteur en offrant une allocations aux travailleurs. « Les conditions de travail dans ce secteur deviennent de plus en plus difficiles et certains travailleurs doivent couper des cannes brûlées. Il faut leur offrir une allocation », dit-il. M. Peerun s’est aussi déclaré contre le fait que seuls les travailleurs quittant le secteur sous le plan de retraite volontaire (VRS) bénéficient d’une portion de terre. « Ban ki kontinye travay ousi bizin gayn later », poursuit-il, avant d’également décrier la proposition de travailler 24/24h, 7 jours sur 7. Une mesure qui, selon lui, « représente un retour au système de l’esclavage ». La PWU, rappelons-le, réclame une hausse de l’ordre de 35% des salaires dans l’industrie sucrière.
De son côté, Jean-Luc Harel, membre de la MSPA, estime que la proposition de travail « 24/7 » est formulée en raison de la « flexibilité » nécessaire à l’industrie. « En 2014, l’usine de Beau-Champ sera centralisée et ses cannes seront envoyées ailleurs. Ce qui nous fera une plus longue coupe. De plus, du point de vue climatique, nous ne pouvons dépasser le mois de décembre en ce qu’il s’agit de la coupe. Nous proposons donc, si besoin, de travailler les dimanches et les jours fériés », explique-t-il. Et d’indiquer ensuite que le taux de rémunération sera le même que celui accordé actuellement, soit le double pour les sept premières heures de travail et le triple au-delà de ce temps de travail. Quant à la possibilité de nouveaux recrutements dans le secteur, M. Harel estime que les travailleurs sont « très attachés » à leur overtime. « Ils ne consentent pas de  travailler durant la semaine sans leur overtime », déclare-t-il. Et de conclure que « les nouveaux travailleurs ne courent pas les rues ».