« Je ne veux pas qu’une personne ne se sente pas en sécurité dans son emploi. Dimounn pa kapav viv lor kapris bann sef. Ce n’est pas un climat sain ». Ce sont les mots proférés par le ministre des Technologies de l’information et de la Communication hier lors d’un get together de fin d’année de la Mauritius Telecom Employees Association (MTEA) à l’hôtel Saint-Georges à Port-Louis. Parmi les points soulevés auprès de Tassarajen Pillay Chedumbrum par les membres de l’association : la révision de salaire depuis 2008, l’absence d’arrérages pour quelque 200 employés et la situation précaire des employés contractuels. Le ministre les a assurés de son soutien.
« Vous avez mon soutien car la cause est légitime », a affirmé le ministre. Pour rappel, 224 employés de Mauritius Telecom – dont deux sont aujourd’hui décédés – ont refusé de signer le rapport Appanna en 2008 ayant trait à la révision salariale de MT. Ils n’approuvent pas le montant prévu de même que certaines clauses du rapport. Ils n’ont de fait pas reçu d’augmentation. Une trentaine seulement ont été dédommagés avec effet rétroactif, mais à partir de janvier 2011 seulement et non 2008.
Pour Tassarajen Pillay, le secteur des TIC est « très prometteur », contribuant à Rs 30 milliards en termes de chiffre d’affaires dans l’économie mauricienne. Ainsi, dit-il, son souci est que le secteur se porte bien. Les employés, poursuit-il, devraient l’être par conviction et non faute de n’avoir eu un autre travail. Il estime « pas correct » que la direction, comme le lui affirment certains employés contractuels, ne veuille pas renouveler leur contrat. « J’ai parlé au CEO (NdlR : Sarat Lallah). Pour lui, ce n’est pas un issue. Il m’a indiqué que c’est le board d’administration qui doit décider ».
Or, le ministre rappelle qu’il a rencontré les directeurs de France Telecom, partenaire de Mauritius Telecom (MT) et que ceux-ci ne se sont pas montrés contre une régularisation de la situation des employés. « Ils sont tous unanimes sur cette question de précarité des employés. Ils sont d’accord qu’il faut revoir cela. La balle est maintenant dans le camp de la partie mauricienne et il faut maintenant jouer franc-jeu. Si le gouvernement détient 60 % des actions, le gouvernement a son mot à dire… ».
Tassarajen Pillay indique avoir envoyé officiellement une requête au CEO de MT pour des mesures provisoires permettant aux employés contractuels de continuer à travailler en attendant que le board délibère. « J’espère qu’il y aura un heureux dénouement. Quand vous parlez de bonne gouvernance, il faut que vous soyez sincère dans ce que vous dites », a-t-il lancé ironiquement, faisant implicitement allusion au CEO.
S’agissant de la question des arrérages, le ministre estime qu’elle ne mérite pas moins d’attention. Mais, pour le moment, dit-il, « j’ai déjà statué sur le problème de précarité d’emploi. Ensuite, step by step, nous verrons comment procéder ».
Pour sa part, Haniff Peerun, président du Mauritius Labour Congress (MLC), qui apporte son soutien à la MTEA, a dit au ministre que « si le board n’agit pas bien, vous devez être en mesure de lui dire de lev pake ale ». Avant de prévenir que « n’importe quand, nous sommes prêts à descendre dans la rue ». Le ministre l’a invité à adopter une attitude plus positive : « Je suis convaincu que nous aurons de bons résultats ». À quoi le syndicaliste a répondu : « Nous sommes positifs mais restons combatifs ! ».
Malleck Amode, négociateur de la MTEA, devait de son côté faire ressortir que MT « s’est vu attribuer un award en Human Relations. Mais est-ce que cela se traduit dans la pratique. C’est la question que je me pose ! » Il a suggéré qu’il y ait une réunion tripartite entre le gouvernement, MT et les employés.