Finalement, ils ne seront que cinq à s’aligner pour un des deux postes d’Administrateurs à pouvoir au sein du board du Mauritius Turf Club. Les deux candidats du président sortant Gilbert Merven se sont maintenus dans la course, nommément Alain Noël (administrateur sortant) et Donald Payen, alors que Jean-Michel Giraud, également administrateur sortant, et Daniel Nairac tout comme Clifford Maniacara  restent dans la course. Par contre, le Dr Abdullah Atchia et l’avocat Yahia Nazroo n’ont pas confirmé leur volonté de revenir dans cette course pour le poste d’administrateur.
Le moins qu’on puisse dire,c’est que la campagne a été plutôt calme durant la semaine écoulée, même si le terrain propice pour les discussions autour de cette assemblée ou pour rencontrer les «potentiels votants» pour l’assemblée du 7 mars se trouve être le centre Guy Demarais à Floréal. En effet, avec la préparation tous azimuts des chevaux pour la nouvelle saison qui commence le 22 mars, le gros du travail se fait à Floréal.
C’est la raison pour laquelle il y a presque foule tous les jours pour voir les chevaux travailler. Mais comme souvent dans ce type de joute, ce sont les seconds couteaux qui sont envoyés en « sniper », autrement dit les « campaign managers »  pour tester le terrain.  Jean-Michel Giraud étant absent du pays depuis samedi, l’espace a été plutôt occupé par le président sortant qui s’est présenté hier matin à Floréal aux côtés de son nouveau poulain, Donald Payen. Ce dernier, même s’il est membre du MTC depuis plus de deux décennies, n’est pas très connu du monde hippique.
Les croissants de Donald Payen
De ce fait, les présentations étaient nécessaires et selon des témoins oculaires,  l’Executive Vice President, Customer Experiences, Ground and In-flight Services d’Air Mauritius s’est présenté à Floréal avec entre les mains une boîte bien remplie de croissants.  L’histoire du jour ne nous dit pas avec qui il a finalement pris le café avec le croissant, mais cette démarche a fait rire de bon coeur et sans doute c’était une bonne démarche pour faire connaissance.
Mais ce n’est pas l’inexpérience de Donald Payen dans les affaires hippiques de Maurice qui est le «talk of the town», mais bien les nouveaux statuts du Mauritius Turf Club (MTC). Désormais, c’est sa légalité — en vertu des lois qui régissent les associations — qui est remise en question par bon nombre de membres du MTC. A tel point qu’on est même tenté de faire une parallèle entre ce qui s’est passé dans la récente affaire qui a ébranlé le MTC et l’affaire Corné Offer.
En effet, selon nos informations, le membre du MTC Yahia Nazroo avait écrit un courrier au secrétariat du MTC pour indiquer qu’il avait noté des manquements dans le procès verbal de l’assemblée générale spéciale du 2 avril, lors de laquelle les nouveaux statuts ont été votés. Les propos que l’avocat aurait lui-même tenus, tout comme les commentaires de Hugues Maigrot père ne figuraient pas dans le PV.
Le GM: «une omission»
Or en réponse à la lettre de Yahia Nazroo, le General Manager a tenté de noyer le poisson en récusant les faits avancés par l’avocat dans sa lettre, pour finalement reconnaître qu’il y a eu des «omissions». Ce qui veut nécessaire dire que le MTC, par le biais de son General Manager, est venu reconnaître que toutes les informations nécessaires n’ont pas été transmises au Registrar of Associations avant que les statuts soient approuvés par l’instance régulatrice des associations à Maurice.
Dans le sillage de cette affaire, la question de l’utilisation faite des procurations (proxy) lors de l’AG spéciale du 2 avril 2013 est aussi remise en question. Car il se confirme aussi que le vote par procuration n’a pas été comptabilisé, puisque les votes des nouveaux statuts ont été faits à mains levées. Selon le PV de cette assemblée,seuls 67 des 620 membres du MTC étaient physiquement présents dans la salle.
Combien pour ou combien contre? Personne ne sait
Or comment des statuts ont pu être approuvés si seulement 67 membres du MTC ont voté? Car ce jour-là, il n’y avait aucune distribution de bulletins de vote, ce qui veut dire que les 67 membres présents dans la salle n’ont pas voté pour ceux qui leur ont confié leur procuration.  Il est vrai aussi que les statuts du MTC font provision que pour qu’il y ait un vote secret, il faut que deux membres de l’assemblée en fassent la demande. Mais il est aussi vrai de dire que cette clause ne s’applique pas par le simple fait que la majorité des votes était sous forme de procurations et qu’il était absolument nécessaire de les comptabiliser.
Ce qui veut nécessairement dire que le Registrar of Associations n’a pas été en mesure de vérifier combien de membres du MTC ont voté pour et combien ont voté contre les nouveaux statuts du club. Mais le fait même de reconnaitre qu’il y a eu «omissions» dans le PV vient nous rappeler ce qui s’est passé dans l’affaire Corner Offfer où le MTC a été pris la main dans le sac, pour ne pas dire en flagrant délit de manipulation des faits, notamment les enregistrements d’une enquête.
Si cette «omission» est acceptée par le MTC on peut aussi se demander ce qui va se passer pour l’assemblée du 7 mars avec le système qui a été mis en place pour la récupération des proxy. que Week-End  a dénoncé dans notre édition de la semaine dernière. D’autant que selon une information, les proxy du 2 avril 2013 auraient été détruits,ce qui est déjà une faute du fait que la loi exige que ces précieux documents doivent être conservés pendant trois ans. Surtout qu’une autre information laisse comprendre que parmi les votants par procuration, figure une très haute personnalité politique du pays dont on se demande encore qui au MTC a pu le convaincre de signer une procuration, surtout que ce politicien n’a jamais montré un quelconque intérêt pour cette industrie depuis qu’il est au pouvoir?
L’autre «talk of the town» sur cette assemblée, c’est la décision du board des administrateurs de déclarer irrecevable la motion de Denis Hardy contre le maintien de Ian Paterson à son poste au sein du board des commissaires des courses. Une motion jugé illégale en se basant sur le fait que l’assemblée ne peut prendre une décision sur une personne qui est employé par le board. Une vieille affaire entre Jacques de Commarmond — aujourd’hui membre du board des commissaires des courses — et le secrétaire du MTC d’alors, feu Jean Halbwachs. Une motion que le board d’alors n’avait pas accepté sur la base que l’ancien secrétaire du MTC était un employé du MTC.
Or il existe, après lecture des faits de grosses différences entre la motion de Jacques de Commarmond et celle de Denis Hardy. D’abord la motion du premier nommé était une initiative personnelle , alors que celle  de Jean Hardy a été formulée après une première lettre signée par 120 membres du MTC. Ce qui veut dire que Denis Hardy a demandé au board d’abord de considérer cette demande avant de venir avec une motion, ce que n’avait pas fait Jacques de Commarmond. A noter que le board n’a même pas répondu à la démarche de Denis Hardy.
Rejeter tout ce qui touche à Paterson
La motion de ce dernier telle qu’elle est libellée donne des détails clairs et nets sur les faits qui sont reprochés à Ian Paterson. Alors que dans le cas de Jacques de Commarmond, même la cour a trouvé que sa motion était vague et mal «drafted». Jacques de Commarmond avait eu la possibilité de venir en parler devant l’assemblée, mais avait délibérément choisi d’ignorer ce forum pour aller devant une cour de justice.
Last but not least, pourquoi est-ce le board du MTC a pris l’option de rejeter tout ce qui touche de près ou de loin, voire même le débat sur Ian Paterson. Le président Gilbert Merven aurait-il les mains liées ou aurait-il peur de quelque chose?