Le Sud-Africain Willie Smit (Team Computer Smith) a remporté la première étape du Tour de Maurice 2015 à Goodlands dans le temps de 2h42’32.
Une victoire synonyme de maillot jaune pour le Sud-Africain, qui règle au sprint un petit groupe de coureurs composé de Sylvain Georges (UCRH-Engen), James Tennent (Gilles Team) et Yannick Lincoln (Moka Rangers SC) au terme des 111,5 km de course marquée par la bordure qui a provoqué l’échappée du jour après moins de 10 km de course.
Les versions diffèrent quant au moment où survient la cassure. Mais tous s’accordent à dire que l’auteur est bien Yannick Lincoln. « Nous avons essayé de créer la bordure. Notre coup de poker a fonctionné », lance Yannick Lincoln. En effet, alors qu’il ne compte que deux coéquipiers — un seul avec la chute d’Alexandre Mayer au km 8 —, le leader du Moka Rangers SC s’offre un bon de sortie dans un groupe qui comporte tous les costauds. « J’ai réussi à m’accrocher ».
Lorsque les neuf coureurs — Steward Pharmasse, Christopher Lagane (FFSC-KFC), Olivier Cron, Yannick Lincoln (Moka Rangers SC), Sylvain Georges (UCRH-Engen), Willie Smit (Team Computer Smith), James Tennent (Gilles Team), Fidzerald Rabaye (VCJCC-Bank One) et Paul Rivière (VCO) — s’en vont, tout le monde s’interrogeait sur leurs motivations.
Car à lui seul, ce petit groupe mettra rapidement le peloton en difficulté. Dès le km 10, l’avance montera à 1’00 sans aucune réaction du gros du peloton. « C’est à mon avis l’étape la plus dangereuse. C’est parti vite et il fallait avoir du flair pour ne pas louper le coup », explique Willie Smit.
Ces neuf coureurs mettront rapidement deux, puis trois, et enfin quatre minutes à un peloton qui avait décidé de jouer les observateurs. L’échappée maintenait la cadence et en passant Calodyne, l’étape semblait déjà jouée. Il ne restait qu’à désigner le vainqueur du jour.
« Le but de l’étape aujourd’hui (ndlr : hier) était de ne pas perdre de temps. On n’en perd pas. Lorsque le coup est parti, il a vraiment fallu rester », lâche Sylvain Georges, l’un des favoris.
Mais en abordant la partie retour de l’étape, après Constance (km 79), les quatre costauds de la troupe tentent un nouveau coup de poker. Piégés, Steward Pharmasse, Christopher Lagane, Fidzerald Rabaye et Paul Rivière ne peuvent que constater les dégâts. « On est partis ensemble, et on a tous collaboré », avance encore Sylvain Georges.
Une collaboration qui amène à un écart de 2’05, puis de 3’30 et finalement 4’00 aux km 95 à Plessis. De là, il fallait improviser, même si on savait que l’étape se jouerait au sprint. « Ils sont tous dangereux. Yannick et Sylvain ont essayé de creuser un écart, mais il fallait tenir bon et éviter le piège », poursuit Willie Smit.
La dernière ligne droite, de trois kilomètres, est balayée par un vent de face. Pas vraiment l’occasion pour tenter quoi que ce soit, le plus prudent pour les échappés de tenter de s’abriter.
À l’heure du sprint, Smit fit valoir sa pointe de vitesse, prenant à défaut James Tennent et consorts. « Une deuxième victoire d’étape est toujours bonne à prendre. Cela dit, j’ai pu tirer quelques enseignements pour les étapes à venir ». A l’arrivée, un double bonheur, puisqu’il enlève aussi le premier maillot à points du Tour.
« On a bien vu les costauds de ce Tour. On a peut-être aussi déjà le podium 2015, qui sait… », estime Yannick Lincoln. En effet, la démonstration de force d’hier matin donne déjà une impression de fin de Tour.