Commentant l’exercice budgétaire de Pravind Jugnauth, le président du Mauritius Trade Union Congress (MTUC) estime que, « dans l’ensemble, c’est un budget intéressant ». Il cite ainsi l’impôt négatif pour quelque 150 000 employés touchant moins de Rs 10 000 et l’augmentation des seuils d’exemptions pour les impôts. Quant aux manquements, selon lui, « il n’y a rien sur les amendements à la Labour’s Act 2008 et aucune mention du salaire minimal », entre autres.
Le MTUC se réjouit de l’annonce des 2 000 emplois dans la fonction publique mais aussi du “boost” que le gouvernement compte apporter au secteur du thé, « qui a été longtemps négligé ». De même, il apprécie les mesures pour les planteurs les encourageant à produire plus. Quant à l’augmentation des seuils d’exemptions des impôts, « elle réjouira les petits et moyens fonctionnaires ». L’imposition du Solidarity Levy de 5% aux riches percevant 3,5 millions et plus annuellement est aussi « une chose positive », selon le MTUC. « Le gouvernement reconnaît au moins que les riches doivent passer à la caisse afin de soulager les démunis et les pauvres dans le pays. » Le MTUC accueille tout aussi favorablement la baisse du prix de la farine, la pension spéciale aux sportifs de haut niveau à la retraite de même que les plans d’infrastructure concernant les routes, ponts, bâtiments, drains, etc. « Les Rs 1,8 milliard pour la construction de logements sociaux pour les trois prochaines années sont aussi une bonne chose. »
Mais tout n’est pas idéal, le MTUC notant quelques points négatifs dans le budget. « Tout d’abord, rien n’a été dit sur les amendements à être apportées à la Labour Act 2008, et ce malgré plusieurs requêtes du MTUC et d’autres syndicalistes. Rien non plus sur les mesures que le ministère du travail compte entreprendre pour obliger les employeurs à signer des “procedural agreements”. De plus, le recours aux grèves quand il y a “deadlock” avec les travailleurs devra attendre encore, donnant la liberté aux entreprises de “hire and fire” ! » Le MTUC regrette aussi qu’aucune mention n’ait été faite sur le salaire minimum. « La proposition de Rs 12 000 pour les travailleurs au bas de l’échelle n’a pas été retenue. » Le MTUC constate de plus qu’il n’y a « pas d’augmentation » de la Basic Retirement Pension. « Le MTUC avait demandé une hausse de Rs 1 000 “across the board”, incluant les orphelins, handicapés et veuves. » Et de déplorer également que « le CSR Fund ne soit pas accessible aux confédérations syndicales », comme l’avait aussi demandé le MTUC. « Ces institutions font un travail remarquable pour l’émancipation des travailleurs, avec des finances maigres. Il n’y a pas non plus de “para-statal Bodies Service Commission”, qui aurait pu mettre de l’ordre dans les recrutements au sein des corps para-étatiques. » Pour Dewan Quedou, « le rôle du National Economic and Social Council (NESC) doit être revu. Pour rappel, le MTUC avait été contre le fonctionnement de l’ancien NESC. « On est satisfait que ce soit le Premier ministre qui préside ce board, qui doit être ouvert et accueillir divers courants de la société. Et les conclusions des projets ou rapports doivent être accessibles à tous, et non aux “select few”. »
Autre constat : « Pas de mention de l’âge de la retraite à 62 ans au lieu de 65 ans, avec l’option pour l’employé de continuer, s’il le désire, comme proposé par le MTUC. Pour rappel, la retraite sera obligatoire à 65 ans à partir de 2018. »