Mukesh Balgobin, qui avait à ses côtés son fils Trishna, a tenu une conférence de presse dans la matinée de vendredi où il a parlé de sa situation actuelle, en tant que Chairman de MBL Limited, mais aussi comme Président du Mauritius Turf Club qui résulte d’une vendetta politique contre sa famille. Il a affirmé qu’il ne compte pas démissionner de son poste au MTC, car il n’a «jamais été condamné en cours de justice pour un délit criminel et aucune accusation ne pèse sur moi à ce moment précis».
Mukesh Balgobin a parlé de son parcours professionnel en faisant ressortir qu’il a toujours respecté ses engagements pendant les 40 ans qu’il est dans le commerce. «Les problèmes ont commencé en 1998 lorsque j’ai été accusé de double invoicing sur l’importation de whisky. Il y avait deux cas contre moi et je les ai tous deux gagnés en cour, mais le DPP a fait appel du jugement d’un des deux cas. Je suis aussi directeur de plusieurs compagnies et je peux vous dire que cela marche bien globalement, mais deux de mes compagnies sont en receivership. Je tiens à dire que jamais un receivership n’a été autant médiatisé».
Implication d’un?parti politique
Selon Mukesh Balgobin, ses déboires auraient commencé depuis qu’il occupe la présidence du MTC. Il a dénoncé l’implication d’un parti politique «à tous les niveaux pour gagner un vote. Il y a eu des pressions et on a acheté des proxys. On avait même contesté la candidature de Franz Merven, soi-disant qu’il y avait conflit d’intérêts à cause de la lotterie». Ce serait après la demande d’une baisse des redevances de SMS Pariaz en 2016 et refusée par le MTC que la GRA aurait commencé à mettre la pression sur le club. «On m’a fait une proposition se chiffrant à des millions une première fois afin que je me taise sur cette affaire. En fait, tous les marchands dans la plaine ont accepté une augmentation, alors que pour le Tote, les bookmakers et SMS pariaz on avait maintenu le statu quo. La GRA avait envoyé des directives afin qu’on baisse la taxe pour SMS Pariaz qu’on a logiquement refusées, car cela aurait entraîné un problème de liquidité. L’affaire est d’ailleurs en cour.»
Selon le Président du MTC, la GRA s’ingère trop dans day to day running du MTC. Il considère que beaucoup de Mauriciens ne sont pas d’accord avec les amendements votés dans le Finance Bill qui donneraient encore plus de pouvoir à la GRA. «Il n’y pas un seul professionnel des courses qui siège à la GRA. Le président de la GRA n’est pas un homme à cheval», a-t-il déclaré.  Mukesh  Balgobin trouve dommage que tous les stakesholders n’aient pas été invités à s’asseoir autour d’une table afin de discuter de ces éventuels amendements, car «les courses rapportent environ Rs 900M au gouvernement. La confiance s’était réinstallée en 2017 avec un chiffre record en ce qu’il s’agit de l’acquisition des nouvelles unités et des chiffres en hausse dans plusieurs domaines. Suite au vote du Finance Bill, certains propriétaires ne savent plus sur quel pied danser. Ce qui ont déjà acheté d’autres nouveaux, préfèrent les garder en Afrique du Sud vu la conjoncture locale».
Appel au ?gouvernement
Il a lancé un appel au gouvernement, car il n’est pas trop tard pour discuter vu que la Présidente de la République n’a pas encore signé le texte de loi. «Il faut trouver une solution pour le long terme. Le MTC doit avoir les mains libres pour travailler dans l’intérêt des courses. Si cela continue, les courses risquent de connaître le même sort que le football local. Cela entraînera une baisse des revenus et c’est le gouvernement qui serait le gros perdant». Mukesh Balgobin a cité la section 93 du Finance Bill qui stipule qu’un administrateur, licencié ou employé du MTC qui a eu un cas criminel, de fraude et de dishonesty est automatiquement disqualifié comme une loi qui a été amendée en vue de le nuire, car «on veut sa peau» en haut lieu.
«Je suis sous l’impression que le Premier ministre a été mal conseillé sur certains sujets. J’ai déjà été élu comme candidat du PTR aux municipalités, tandis que mon fils a été membre du MSM pendant 10 ans. Lorsqu’il a quitté ce parti, les problèmes ont commencé. Il a une vendetta politique, mais pas contre moi comme contre mon fils. Un conseillé du bureau du PM a même menacé de faire enfermer mon fils».Le Président du MTC a aussi parlé du cas du bookmaker Jankee qui opère toujours alors que les jockeys trouvés en sa compagnie se sont vus retirer leurs licences rapidement. Il y a aussi évoqué le cas de l’avortement d’un transfert de chevaux suite à un appel des hautes sphères gouvernementales. Mukesh Balgobin maintient qu’il ne démissionnera pas de son poste au MTC. «Si je démissionne, cela voudra dire que j’accepte avoir failli et que je me sauve.»