L’arbre qui sert d’emblème à la formation curepipienne semble sur la bonne voie et prêt à atteindre sa maturité. À l’amphithéâtre de l’Institut Français de Maurice (IFM), vendredi dernier, il s’est présenté bravement et fièrement. L’assistance présente a été conquise. Cela n’a pas échappé à Steve Brunet et à ses amis, qui ont tout donné pour réjouir dignement ceux qui étaient venus les soutenir.
Le talent, la complicité et surtout la belle montée en puissance que s’offre Mulaëo depuis la sortie en janvier de son deuxième album au groove acoustique, Eta mo Frer, se sont fait grandement ressentir durant les cent cinq minutes qu’a duré cette rencontre musicale. Il ne fait plus aucun doute : le groupe, qui est d’une simplicité remarquable, dynamique, rempli d’énergie et généreux avec son public, a pris du galon.
Sur scène, Mulaëo montre qu’il possède une maîtrise du live. La formation sait gérer son énergie et balancer le groove progressivement. Présenté comme une balade musicale aux allures douces au début, le concert a évolué aux rythmes des instruments qui se sont côtoyés sur scène. Il y a d’abord eu le trombone de Big Joe, puis la guitare électrique d’Emmanuel Franchin, les percussions de Momo Manancourt, le clavier de Damien Elisa et la ravanne de Kurty Oclou (Lespri Ravann).
Évidemment, l’interprétation des très attendus medley (La rivière Tanier, Jah rivela (Kaya) et Ki Responsab (Berger Agathe) et Mo Kosmar, repris deux fois durant le concert, ont constitué les moments forts, pendant desquels les membres de l’assistance ont bougé et donné de la voix.
Mulaëo, ce n’est pas que de la musique qui incite à l’amusement, mais aussi des textes qui accrochent. Une belle composition qui mérite d’être appréciée, saluée et encouragée.