Le leader du Parti travailliste, Navin Ramgoolam, a rencontré la presse hier à l’issue de la réunion du bureau politique de ce parti. Il a estimé que l’alliance gouvernementale qui, à son sens, est composée de quatre partis le MSM, le PMSD, le ML et le MP d’Alan Ganoo, n’a obtenu que 18,6 % de l’électorat urbain contre 10,9 % au MMM. Loin d’être un vote d’adhésion, avance-t-il.
Navin Ramgoolam a rappelé que le 10 juin, à la suite d’une réunion de l’exécutif de son parti, il avait donné un mot d’ordre aux partisans de son parti de sanctionner le gouvernement et de ne pas voter pour les candidats de l’Alliance Lepep. « Nous sommes satisfaits que notre mot d’ordre ait été suivi », a-t-il dit, soulignant que seulement 35,5 % des électeurs des cinq villes se sont rendus aux urnes et que la majorité n’a pas voté pour les candidats du gouvernement. En premier lieu, deux électeurs sur trois n’ont pas voté ; il a estimé plus loin que d’un point de vue statistique moins d’un électeur sur cinq a voté pour les candidats de l’Alliance Lepep. Sur 395 961 électeurs seulement 73 690 ont voté pour le gouvernement. Une analyse objective et claire démontre, selon lui, que ce ne fut pas une « razzia » pour l’Alliance Lepep. Il considère que le système électoral donne un résultat disproportionné par rapport au nombre de candidats élus, précisant au passage qu’une petite dose de proportionnelle aurait permis de corriger ce déséquilibre.
Navin Ramgoolam s’est dit déçu et choqué par le rôle joué par le Mouvement Patriotique d’Alan Ganoo et autres « transfuges » de son parti. Selon lui, ils n’ont pas hésité à donner un coup de main massif aux candidats de l’Alliance Lepep et ont, d’ailleurs, été remerciés par les membres du gouvernement. « Or tout le monde sait que ce même Ganoo faisait le va-et-vient entre Bérenger et moi tout en insistant pour le règlement de ce qu’il considérait des petits détails sur lesquels je n’étais pas d’accord et le suis toujours pas », a affirmé Navin Ramgoolam. Les vidéos disponibles à la MBC peuvent témoigner dans quelle mesure Alan Ganoo avait dénoncé le clan Jugnauth, laisse entendre le chef des rouges. « Or aujourd’hui il vient dire que ce ne serait pas immoral s’il entrait au gouvernement. C’est pourquoi les jeunes sont dégoûtés de la politique. lls sont trop pressés d’entrer au gouvernement », a poursuivi Navin Ramgoolam.
Le leader du PTr a affirmé qu’il n’a pas voté pour les élections parce qu’il n’y avait aucun candidat indépendant proche du PTr dans son arrondissement. « Si mo ti al vot zot ti pou dir ki monn vot MMM », a-t-il soutenu. Et de citer des candidats indépendants proches du PTr à Vacoas-Phoenix et à Curepipe qui ont eu de très bons résultats. À Vacoas un candidat est sorti cinquième alors qu’à Curepipe un candidat indépendant a battu deux candidats du MMSD.
Navin Ramgoolam a, de plus, observé que des secrets concernant le financement des partis politiques commencent à faire surface. Il a fait référence au « chèque » de Rs 10 millions alloué par un groupe au MMM et la « révélation » de Paul Bérenger selon laquelle le MSM avait obtenu Rs 19 millions de la même entreprise en 2010. Tout cela démontre, d’après lui, toute l’hypocrisie des dires autour du financement du PTr. « Si le MSM a reçu Rs 19 millions par chèque, imaginez ce qu’il a reçu en cash », a-t-il soutenu.
Par ailleurs, le leader du Ptr a dénoncé le mépris qu’a exprimé SAJ le jour des élections pour les électeurs en menaçant d’arracher le droit de vote aux citoyens. Il a, d’autre part, déploré n’avoir vu aucune critique contre la déclaration de SAJ à l’effet que « son clan » avait retiré son argent de la Bramer Bank avant que cette dernière ne ferme ses portes. Il a aussi évoqué certaines « révélations » faites par Dawood Rawat dans la deuxième partie de son interview donnée à Ion News.