À Curepipe, où l’Alians Lepep a conclu hier une première tournée dans les cinq municipalités, les leaders de cette mouvance ont ciblé le MMM et son leader Paul Bérenger. Xavier-Luc Duval est allé jusqu’à l’accuser d’être « complaisant, soutireur et complice à l’égard de Navin Ramgoolam ». Le leader du MSM, Pravind Jugnauth, et celui du Muvman Liberater, Ivan Collendavelloo, ne l’ont pas épargné non plus.
Xavier-Luc Duval s’est surtout attelé à démystifier le mythe de leader de l’opposition. Il a, dans ce contexte, accusé Paul Bérenger d’avoir adopté une attitude complaisante par rapport à l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam depuis 2005. Il a observé qu’avant les élections de 2005, Jayen Cuttaree et les autres s’étaient engagés dans des tractations en vue de conclure une alliance avec le PTr mais qui n’ont pas abouti. Depuis 2005, dit-il, à chaque fois que Navin Ramgoolam a ouvert sa porte, Paul Bérenger est entré. Cela a été le cas pour les Chagos ou la réforme électorale. Ce qui leur a permis à chaque fois d’avoir des discussions. « Il y avait une véritable chemistry entre eux », dit M. Duval. Selon lui, durant toute cette période, « Paul Bérenger a fait de la stratégie politique au lieu de travailler pour la population et a ménagé Navin Ramgoolam afin qu’il ne lui ferme pas la porte ».
À ce propos, Xavier-Luc Duval a évoqué l’épisode de l’achat de cinq appareils d’Airbus par Air Mauritius. « Je n’étais plus au gouvernement à cette époque et le PMSD n’avait aucun représentant dans le conseil d’administration d’Air Mauritius ». Il rappelle qu’il avait quitté le gouvernement le 6 juin de l’année dernière. Or, dit-il, les discussions préliminaires sur ce dossier ont commencé 40 jours plus tard et un accord a été conclu quelques jours avant les élections générales. La question, selon Xavier-Luc Duval, est de savoir pourquoi le leader de l’opposition, « le Premier ministre alternatif, qui était en pourparlers avec le leader du PTr et Premier ministre d’alors, ne lui avait demandé aucune précision concernant l’achat de cinq appareils d’Airbus au coût de Rs 30 milliards ». « Pourquoi est-il resté tranquille ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu de PNQ à ce sujet ? Quelle concertation y a-t-il eu avec Navin Ramgoolam ? Il a fait une confiance aveugle à Navin Ramgoolam. Il voulait que tout le monde soit aveugle. C’est une trahison », affirme Xavier-Luc Duval. Ce dernier n’a pas été tendre non plus à l’égard d’Éric Guimbeau du MMSD. Il affirme qu’il croyait que ce dernier avait disparu et voilà qu’il a fait son apparition à nouveau. Il a invité les électeurs curepipiens à ne pas éparpiller leurs votes. « Pa gaspiy ou vot, pa vot pou l’immobilisme pou perdi letan. Pa vot pou dimounn qui pou fer santaz. Pensez à la ville de Curepipe et au pays », a-t-il lancé. Le leader du PMSD a d’autre part accusé le MMM d’être un parti en désintégration avec le départ de plusieurs députés dont Raffick Sorefan et Alan Ganoo. Il s’est également longuement appesanti sur les réalisations du gouvernement.
Auparavant, Pravind Jugnauth a accusé à nouveau Paul Bérenger de mener une campagne communale sur l’affaire BAI et lui a demandé de dire si le MMM a bénéficié d’une contribution de la BAI lors des dernières élections générales. Comme les autres orateurs, il a cité en exemple les démissionnaires du MMM pour démontrer que le parti est en décomposition.
De son côté, Ivan Collendavelloo a invité l’assistance à imaginer à ce qui se serait passé si l’alliance PTr/MMM avait été portée au pouvoir. Pour lui, le pays aurait connu une dictature dans laquelle BAI aurait régné en maître. Il a estimé que comme cela a été le cas pour les élections générales de décembre, « bondie pou gid ou lamin parski nou pe fer enn travay prop ». « Nous mettons de l’ordre dans le pays pour qu’il redevienne un pays où nous travaillons dans l’ordre et la discipline », a dit l’orateur. Il a invité les électeurs à barrer la route aux candidats du MMM. Pour lui, sa mission et celle du Muvman Liberater est de réunifier la famille des militants autour des valeurs du militantisme « pou anpes Paul Bérenger kraz sa parti-la ».