Les nouveaux registres d’électeurs compilés par la Commission électorale, qui devaient entrer en vigueur le 1er mars prochain au lieu du 16 août 2012, pourraient être gelés. Ce développement devrait intervenir dans le sillage d’un rendez-vous pris par le leader du MSM Pravind Jugnauth avec le président de la République sir Anerood Jugnauth, à la State House, en vue de lui demander d’ordonner un nouvel exercice de redécoupage des arrondissements municipaux dans les cinq villes. Le document élaboré par le MSM et explicitant les raisons de cette démarche politique a été soumis officiellement en fin de matinée.
Le MSM, qui affirme avoir poursuivi sa réflexion sur « le procédé antidémocratique pour effectuer le redécoupage », avance trois raisons principales pour justifier sa démarche. Le secrétaire général Nando Bodha, interrogé par Le Mauricien, soutient que « trois raisons principales expliquent la demande pour un nouvel exercice de redécoupage. D’abord le manque de transparence, ensuite l’absence de consultations et le motif politique qui ont caractérisé l’exercice. Il était évident que nous n’allions pas rester les bras croisés devant un viol caractérisé de la démocratie ».
Le secrétaire général du MSM indique que la requête de son parti porte sur un nouvel exercice complet dans les cinq villes et qu’il « n’est pas seulement de questions de retouche des wards ». Ainsi, l’une des propositions est que le nombre d’arrondissements à Port-Louis retourne à huit comme cela était le cas jusqu’à récemment au lieu des six proposés.
« Nous réclamons un nouvel exercice de redécoupage pour les cinq villes tenant compte des principes de base utilisés lors de tel exercice, qui reflète le spectrum arc-en-ciel de l’électorat et qui consolide la démocratie dans nos collectivités locales », fait ressortir un communiqué officiel du MSM émis à cette occasion.
Pour étayer ses dires selon lesquels les principes derrière un tel exercice démocratique ont été bafoués, le MSM souligne que pour les précédentes Local Government Acts de 1962, 1966, 1989 et 2003, un processus consultatif avait été privilégié. « Le redécoupage s’est avéré être l’oeuvre sinistre du ministre des Administrations régionales et de ses conseillers. Ils ont été guidés par des motifs bassement politiques. Avec le fait que le redécoupage touchait les cinq villes, des consultations aussi larges que possible étaient impératives. Or, tel n’a pas été le cas », soutient le MSM, qui ajoute que « les principes d’impartialité, d’équité, de représentativité et d’approche non-discriminatoire ont également été bafoués ».
Le MSM soutient qu’avec ce document plaidant en faveur d’un nouveau redécoupage, le président de la République se doit d’agir aux termes de l’article 9 de la Local Government Act 2011, qui se lit comme suit : « The president may, after consultation with the Electoral Commisioner, the local authority concerned and such other person he thinks fit, by proclamation alter the boundaries of a local authority or an electoral ward ».
L’une des conséquences directes du rendez-vous du jour à la State House est que la Commission électorale devrait se voir dans l’obligation de « hold on » la publication des nouveaux registres d’électeurs, qui devait intervenir le 1er mars prochain, entraînant un nouveau renvoi dans le calendrier menant aux élections municipales au cours du premier semestre.