La liste de tous les candidats du Remake de 2000 pour les municipales du 9 décembre, de même que la distribution des investitures seront finalisées d’ici à mercredi, a expliqué, hier, Paul Bérenger, leader de l’opposition et du MMM lors d’une conférence de presse du Remake. Vendredi soir, les deux partenaires de cette alliance de l’opposition ont finalisé la répartition des 90 tickets à pourvoir. Il en ressort que 62 investitures iront au MMM alors que le MSM en bénéficiera de 28. Au nombre des candidats dont les noms ont été, hier, annoncés figurent Me Rubina Jaddoo et Mme Tajesree Moher Pakeeree (Port-Louis) ; Karen Foo Kune et Me Rasheed Dawreeawoo à (BB/RH) ; Raj Gaya et Patrice Jacques Ferrière (QB) ; Fezal Hossennee et Eric Chowrimootoo (Vc/Ph) et Sandee Bedassy, Ananda Rajoo et Lindsay Paul (Cpe).
Le leader du MMM rappelle, de nouveau, que ce n’est qu’après sept ans de « maladministration et de scandales » dans les municipalités et deux renvois qu’auront lieu ces élections municipales fixées au dimanche 9 décembre prochain. Il réitère sa conviction que l’électorat urbain saura infliger « une bonne raclée » au gouvernement PTr/PMSD « en dépit des bribes électoraux sous forme d’emplois et autres petits cadeaux du budget », ainsi que des « abus » de la MBC/tv.
Paul Bérenger indique que depuis l’annonce de la date de ces municipales, le Remake de 2000 travaille sur la liste de ses candidats. Ce travail s’est poursuivi, vendredi, en l’absence au pays de sir Anerood Jugnauth en visite en Inde et qui rentre au pays mardi ainsi qu’en l’absence de la présidente du MMM, Ariane Navarre-Marie qui se trouve à l’étranger pour des soins médicaux.
Au terme de cette séance de travail marathon de vendredi, M. Bérenger annonce qu’un accord a été trouvé par rapport à la répartition des investitures entre les deux partenaires du Remake. Selon cet accord, le MMM disposera de 62 tickets et le MSM de 28. « La liste de tous les candidats ainsi que la distribution des investitures seront finalisées lundi et mercredi », explique le leader du MMM.
Paul Bérenger juge, par ailleurs, que le gouvernement PTr/PMSD fausse le jeu électoral pour cette joute municipale. Il explique que, d’une part, « par peur », la loi a été amendée en vue de ne pas permettre aux députés d’être candidats et que, d’autre part, tout candidat doit, nécessairement, habiter la ville où il se présentera. Dans le premier cas, surtout, le leader du MMM juge qu’il s’agit, là, d’une « grave entrave » à la démocratie.
Il rappelle qu’historiquement, des grands tribuns du passé dont sir Seewoosagur Ramgoolam, sir Gaëtan Duval et sir Abdool Razack Mohamed ont été conseillers municipaux et maires. « De même, dans le passé, des députés du MMM ont été de très d’excellents maires », souligne M. Bérenger. Il trouve aussi qu’il faudra bien, à la première occasion, corriger ce qu’il estime être « l’idée bancale » de la nouvelle loi Aimée sur les Administrations régionales ne limitant qu’à trois le nombre de candidats à être élus par arrondissement.
Donnant quelques indications sur les candidats qu’alignera le Remake de 2000 à ce scrutin municipal du 9 décembre, le leader du MMM explique qu’en sus de candidats de proximité, un certain nombre de ceux qui seront alignés par le Remake seront des éléments dont le rayonnement dépasse le seul cadre de l’arrondissement municipal ou de la ville où ils se présenteront.
Paul Bérenger cite, à ce stade, quelques exemples. A Port-Louis : Mme Rajesree Moher Pakeeree, Me Rubina Jaddoo, avocate ; Ali Akbar Hossen, expert-comptable. A Beau-Bassin/Rose-Hill : Karen Foo Kune, championne de badminton et Me Rasheed Dawreeawoo, ancien député MSM et conseiller municipal sortant. A Quatre-Bornes : Raj Gaya, ancien président du Mauritius Sports Council et Patrice Jacques Ferrière, consultant dans le secteur privé. A Vacoas/Phoenix : Fezal Hossenee, ancien maire et Eric Chowvrimootoo, ancien adjoint au maire. Et à Curepipe : Mme Sandee Beedassy, Ananda Rajoo, ancien maire et Lindsay Paul.
« L’affaire Joomun et le PTr des Bundhoo/Ah Fat »
Au sujet de la finalisation de la liste des candidats du Remake de 2000, le leader du MMM ouvre une parenthèse pour évoquer ce qu’il appelle « l’Affaire Joomun ». Pour lui, cette affaire a valeur de symbole. Il rappelle que le conseiller sortant de Port-Louis, Eshan Joomun a été condamné pour la Cour pour une affaire de tentative de corruption d’un officier de police et qu’il a fait appel contre cette condamnation. Paul Bérenger explique que quand ce conseiller a appris qu’il ne sera pas candidat pour le Remake, il est retourné au PTr duquel il s’était éloigné.
Le leader du MMM juge « choquant » que le secrétaire-général du PTr, Lormesh Bundhoo, n’a rien trouvé de mieux à dire que les travaillistes « accueillent Eshan Joomun à bras ouverts ». Cela illustre, dit-il, « le chemin parcouru par le PTr de Curé, Sahadeo, Anquetil, Rozemont et Seeneevassen, qui respirait l’intégrité comparé avec le PTr des Bundhoo et autres Ah Fat ! ». Paul Bérenger confirme, en conclusion, que le Remake de 2000 démarrera officiellement sa campagne pour les municipales vendredi prochain, 16 novembre, dans sa circonscription par la tenue d’un meeting à Bar Chacha, Stanley, Rose-Hill avec la participation, entre autres, de sir Anerood Jugnauth et de lui-même.
Par rapport au discours du budget dont lecture a été donnée, vendredi, par le ministre des Finances, Xavier Duval, le leader de l’opposition déclare que l’exercice aura été « un flop magistral » après l’avoir bien considéré à tête reposée. Alors que, selon lui, les attentes étaient grandes, le discours n’aura été que « fade » et « sans panache » comme, dit-il, tout un chacun l’a perçu, « y compris le secteur privé ».
Paul Bérenger ne manque pas de noter qu’avant même sa présentation, Xavier Duval s’est empressé de se prémunir contre toute critique à son encontre dans une interview au Mauricien en insistant sur le fait qu’il n’allait pas s’agir « du budget de Xavier Duval », mais « du budget du gouvernement PTr/PMSD ». « Il suffisait de voir le body-language de Navin Ramgoolam à l’Assemblée nationale, vendredi, pour s’en convaincre », déclare-t-il.
Le leader de l’opposition annonce qu’avec le démarrage, mercredi, des débats budgétaires, il viendra, pour sa part, avec une PNQ, mais que c’est le porte-parole économique du MMM, le député Kee Cheong Li Kwong Wing, qui ouvrira les débats.
« Le vote-sanction s’exercera avec rage »
Paul Bérenger salue, d’autre part, la réélection du président sortant américain, Barack Obama qu’il qualifie de « formidable, non seulement, pour les Etats-Unis mais pour le monde entier ». Il dit garder espoir que M. Obama réalisera, durant ce deuxième mandat à la Maison-Blanche, ce qu’il n’a pu réaliser durant le premier. Le leader de l’opposition cite notamment le désarmement nucléaire, le réchauffement climatique, le drame palestinien et le cas du Sahara Occidental.
Dans le cas particulier de Maurice, Paul Bérenger souhaite que le Premier ministre arrive à faire le président américain « à le prendre au sérieux » au sujet des Chagos. Tâche à laquelle Navin Ramgoolam a « complètement échoué » depuis 2009, selon lui.
Intervenant, à son tour, à cette conférence de presse du Remake de 2000 en l’absence de SAJ, Pravind Jugnauth, leader du MSM, rappelle comment à l’Assemblée nationale, l’opposition a dénoncé la nouvelle loi sur les Administrations régionales ; une « loi bancale » dont les dispositions sont, dit-il, « coupées des réalités ». Il affirme, de même, que c’est à la suite des pressions de l’opposition que la date des municipales, qui furent deux fois renvoyées, a finalement été fixée.
Il dénonce le comportement du gouvernement depuis la publication du décret fixant la date du scrutin et parle de « recrutements sur une base politique ». « Les citadins sont impatients de sanctionner le pillage des pigeons voyageurs et l’achat de poubelles et autres bottes à des prix faramineux », dit-il. Le leader du MSM dit faire confiance à « l’intelligence » de l’électorat en vue d’un « vote correction » qui, selon lui, s’exercera « avec rage ».
Comme le leader de l’opposition, l’ancien ministre des Finances, Pravind Jugnauth, juge, lui aussi, que le budget n’aura été qu’un « flop total » qui mènera « davantage le pays vers le précipice ». Il parle de « faillite » en matière notamment de prévision de croissance révisée à la baisse, de création d’emplois avec un taux de chômage à 8.2% et de perte conséquente du pouvoir d’achat avec deux ménages sur trois estimant leurs revenus insuffisants pour faire face à leurs multiples dépenses.
Au sujet de l’appauvrissement des Mauriciens, Pravind Jugnauth juge « éloquent » que 35% des détenus sont en prison parce qu’il n’ont pu s’acquitter d’une amende. Il juge aussi nettement insuffisante l’augmentation de la pension de vieillesse qui, pour l’ancien ministre des Finances, aurait dû s’accroître « d’au moins Rs 300 ». De manière générale, le leader du MSM constate que « le nouveau budget présenté pèche par manque d’innovation ». « Aucun nouveau pilier de développement n’a été identifié », conclut-il.