Le leader du PTr, Navin Ramgoolam, a, à l’issue de la réunion du bureau politique de son parti hier après-midi, donné un mot d’ordre en vue des élections municipales. « Nous disons à nos partisans et à la population qu’il faut sanctionner le gouvernement et qu’il ne faut voter pour aucun candidat de l’Alliance Lepep ». L’ex-Premier ministre n’a toutefois pas donné de soutien explicite à un parti en particulier.
« L’électorat est assez intelligent pour comprendre le message que nous transmettons », a déclaré Navin Ramgoolam, précisant que « le choix des électeurs doit être guidé par l’intelligence ». Il s’est longuement étendu sur les raisons pour lesquelles il faudrait sanctionner le gouvernement, citant, entre autres, qu’« au lieu de créer des emplois, l’actuel gouvernement crée le chômage » et « les désinvestissements massifs enregistrés durant ces six derniers mois ». Et d’ajouter que certaines banques comptent revoir leur position à Maurice. Il a aussi avancé que le gouvernement avait réduit sensiblement son budget de développement, estimant qu’il revenait au secteur privé de financer les infrastructures. « Or, les investissements n’arrivent pas », a-t-il fait ressortir.
« La politique de vengeance n’a jamais attiré d’investisseurs, ni augmenté la croissance ». Navin Ramgoolam a, dans le même souffle, déploré une baisse du pouvoir d’achat. « D’un côté, les allocations sociales ont enregistré une hausse. De l’autre, la roupie a connu une dépréciation au profit du gros capital. Les prix des denrées alimentaires augmentent ». Le leader du PTr a soutenu que grâce à son gouvernement « quelque 19 000 familles habitant des maisons CHA sont devenues des propriétaires ». Il a, par la même occasion, souligné que toutes les décisions de l’ancien gouvernement concernant les terres de l’État « ont été prises dans la légalité ». Poursuivant son intervention, il a affirmé avoir constaté une détérioration de la situation en matière de “law and order”.
Navin Ramgoolam a finalement affirmé que « la politique d’intimidation pratiquée par le gouvernement » met en danger l’harmonie et la paix sociale. « Par leurs actions, ils créent une situation sociale dangereuse pour le pays ». Il a demandé au gouvernement de « se ressaisir en prenant conscience qu’il a une responsabilité envers le pays », avant de donner le mot d’ordre du PTr pour les municipales.