Le Parti travailliste (PTr) refuse de participer aux élections municipales du 14 juin prochain, a annoncé hier après-midi le leader de ce parti, Navin Ramgoolam, à l’issue d’une réunion du bureau politique (BP) au square Guy Rozemont.
« Nous refusons de participer à ces élections parce que nous considérons qu’elles ne seront pas “free and fair” », a déclaré Navin Ramgoolam, avec à ses côtés Arvin Boolell et d’autres dirigeants du parti. Le leader du PTr a déclaré que « c’est avec le coeur lourd » que cette décision a été prise par les membres du BP, soutenant toutefois qu’« il y a eu une affluence de candidats dans tous les arrondissements des cinq villes ». Navin Ramgoolam a dénoncé « un climat de terreur » qui prévaut dans le pays. « Beaucoup de pressions sont exercées sur les candidats potentiels. Certains occupant des postes qui n’ont rien à faire avec la politique ont fait l’objet de menaces de toutes sortes et craignent pour leurs emplois », a-t-il soutenu. Il a ajouté que le gel du compte bancaire du PTr sera contesté devant la Cour suprême.
« C’est en raison de tout cela que le PTr refuse de participer aux élections municipales. Nous ne donnerons aucune légitimité au pourrissement de la démocratie, aux dérives totalitaires et à la répression. Nous dénonçons ce qui se passe dans le pays », a martelé le leader des rouges. Il a annoncé que le PTr se concentrera sur sa restructuration et sur le congrès prévu pour le 20 septembre prochain. Aucun mot d’ordre n’a toutefois été donné et une décision dans ce sens sera prise après consultations avec l’électorat du PTr.
En l’absence du PTr, tout laisse croire que les élections municipales se joueront entre l’Alliance Lepep et le MMM. Par ailleurs, le leader du PTr a tenu à faire ressortir que « l’esprit d’unité a primé, comme le démontre le retour d’Arvin Boolell ». Ce dernier n’est toutefois plus le porte-parole des rouges, cette tâche restant entre les mains de Navin Ramgoolam.