Le Lord-maire Mamade Kodabaccus a informé le conseil municipal, qui s’est réuni hier après-midi, des derniers développements concernant le projet qui le tient à coeur et qui se situe dans le droit fil du concept Maurice île durable. Il s’agit de la production d’énergie solaire pour satisfaire les propres besoins administratifs de la mairie.
Mamade Kodabaccus a indiqué qu’à partir du mois de mars, la trésorerie municipale n’aura plus besoin de trouver Rs 3,4 millions pour s’acquitter de la facture d’électricité du bâtiment administratif. Invité à l’issue de la réunion du conseil à donner plus de précisions concernant le projet, le Lord-maire a souligné au Mauricien que le contrat a été alloué au lowest tenderer, une compagnie du groupe Leal.
« Nous sommes totalement satisfaits d’avoir porté le choix sur ce soumissionnaire, d’autant plus qu’il a été le seul à nous donner toutes les garanties nécessaires au projet », dit-il. Il fait ressortir que les investissements seront couverts à partir de la sixième année.
« À partir de 2018 nous commencerons à économiser Rs 3,4 M annuellement, uniquement sur cet item », a ajouté le Lord-maire, qui explique que la durée de vie des plaques photovoltaïques installées sur le toit du bloc administratif est de 25 années. Il est d’autant plus heureux que la cité de Port-Louis a déjà reçu en don 450 plaques photovoltaïques de sa ville soeur chinoise Foshan, avec laquelle elle est jumelée depuis un quart de siècle déjà. Ces plaques sont destinées à être placées sur les pylônes de lampadaires du centre-ville, ce qui évitera à la mairie de payer de grosses sommes d’argent au CEB pour illuminer les artères de la capitale.
En ce qui concerne d’autres projets en chantier, il y a celui de convertir Port-Louis en ville piétonne. Le Lord-maire souligne que dans le contexte de la politique Maurice île Durable, il veut opérer sur trois axes : 1) la production d’énergies renouvelables ; 2) la conversion de la capitale en une cité verte ; et 3) la réduction autant que possible des émissions de dioxyde de carbone. C’est dans cette optique qu’il souhaite pouvoir libérer le centre-ville pour le rendre plus vivable, où l’on pourra se balader en famille plus à l’aise, et surtout sans avoir sur le dos les marchands ambulants et aussi sans craindre les attaques perpétrées par les voleurs à la tire.
Mamade Kodabaccus parle des études faites dans des villes piétonnes qui ont démontré que le commerce au détail a augmenté de 60 %, que le secteur de la restauration a accueilli plus de visiteurs par 40 %, alors que les accidents de la route ont diminué de 80 %. En outre, il évoque l’ouverture que cette nouvelle ambiance apporte aux activités culturelles, notamment en développant le style de café-théâtre. Évoquant le cas de Genève, il fait remarquer que « l’on a dit que ce n’est pas 200 routes que l’on ferme mais que l’on en ouvre 200 autres ». Pour le lord-maire, il s’agit de changer de mindset.
Un autre aspect abordé avec le Lord-maire, qui est également secrétaire général du PMSD, concerne les visites de courtoisie que rendent de plus en plus de dignitaires étrangers à la mairie. Le dernier en date a été le ministre indien de l’Énergie Farook Abdoolah. Mamade Kodabaccus souhaite rétablir l’image de marque qui était celle qu’avait la mairie de la capitale du temps où sir Gaëtan Duval en était le Lord-maire. Les personnalités reçues en ce temps-là dans le salon mairal étaient des sommités internationales, telles Indira Gandhi ou Léopold Sédar Senghor.