Tandis que les marchands ambulants réclament la régularisation de leur situation, la municipalité de Port-Louis évoque pour sa part un manque à gagner annuel d’environ Rs 40 millions. Cette perte d’argent se rapporte à l’allocation des étals à quelque 2 000 marchands opérant entre les deux gares routières de la capitale.
Les activités des marchands ambulants représentent un manque à gagner considérable pour la municipalité de Port-Louis. « Rien qu’en tenant compte des 2 000 marchands de la Street Vendors’Association (SVA) opérant dans les principaux axes de la capitale, cela représente un montant de Rs 40 millions annuellement pour ce qui est de l’allocation des étals », souligne-t-on du côté de la mairie de tutelle. Chaque marchand est appelé à contribuer Rs 1 500 mensuellement alors que Rs 2 000 sont réclamées pour un permis d’opération annuel. C’est ce qui a d’ailleurs débouché sur des saisies d’étals de la part de la municipalité. « Certains commerçants avaient des dettes de Rs 150 000 alors qu’ils ne devaient régler que Rs 500 par mois », explique pour sa part Audie Travailleur, adjoint au lord-maire. « Cela traduit une négligence de l’administration d’alors ! », avance-t-il.
Par ailleurs, ces étals pourraient être redistribués aux marchands ambulants en vue de leur régularisation. « Toutefois, cela se fera selon les dispositions d’un appel d’offres entre autres critères. Par exemple, le demandeur d’étal ne devra pas détenir d’autres patentes et la priorité sera donnée aux chômeurs », explique-t-on du côté de la municipalité. Par ailleurs, dans un souci de remédier au problème des marchands ambulants, les « genuine cases » seront relogés dans l’ancien bâtiment de la National Transport Authority (NTA), à la rue Monneron et sur un autre site identifié à côté de la gare du Nord. Selon le dernier recensement de la mairie de Port-Louis, 1 100 « genuine cases » sur 2 000 marchands ont été identifiés. « Ce sont des marchands qui ont travaillé toute leur vie à Port-Louis », déclare Audie Travailleur.
Bashir Nazeer, conseiller à la municipalité de Port-Louis, souligne pour sa part le réveil des autorités. « Problem marsan anbilan se enn problem planeter ! Li na pa konsern inikman minisipalite porlwi me gouvernman central osi », affirme-t-il. « Nou finn demann clearance plizir fwa pou al de lavan ek relozman marsan anbilan, se aster ki tou pe anklanse », avance-t-il. Cependant, un autre élément vient se dresser contre le souhait de la municipalité de reloger des marchands ambulants : le tracé du projet de métro léger.
Rappelons qu’un ordre de la Cour suprême interdit aux marchands ambulants d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du Marché central. Ceux ciblés par cette mesure judiciaire plaident l’aspect humanitaire et le besoin de travailler.