D’aucuns ayant récemment visité le Musée d’histoire naturelle à Port-Louis auront constaté le grand changement apporté notamment au niveau de la première galerie. Nommé la Fauna gallery, elle présente dans un cadre des plus agréables, une partie des faunes locale et étrangère, surtout des oiseaux. De nombreux spécimens comme l’« Archaeopteryx », aussi connu comme l’oiseau-dinausaure, y sont exposés pour la première fois. Visite.
Exit l’ambiance terne de la première galerie à la couleur bleuâtre qui accueillait peut-être des visiteurs ponctuellement et pour des raisons spécifiques.
Aujourd’hui, dès que vous traversez le seuil du musée, vous atterrissez dans une salle éclairée de lumière chaude mettant par la même occasion en valeur les spécimens exposés : ossements, oiseaux ou autres animaux empaillés accompagnés de leurs fiches descriptives. Des dioramas habillent aussi ses vitrines d’exposition.
Vous vous retrouvez d’abord nez-à-nez avec le majestueux aigle doré. Dominant une grande partie de l’hémisphère nord et vivant dans des régions montagneuses, il est l’un des plus grands et des plus puissants oiseaux de proie. Dans cette même vitrine, vous découvrez le flamand rose et en faisant le tour, le hibou… ou encore à votre droite un pingouin de l’hémisphère sud.
Votre visite commence cependant sur votre gauche avec le coin surnommé The lost world. Une première petite vitrine rappelle l’existence de certaines espèces comme le dodo, l’oiseau éléphant de Madagascar ou le Solitaire de Rodrigues, aujourd’hui disparues. Vous pouvez y voir des ossements du dodo, un oeuf de l’oiseau éléphant à côté de celui d’une autruche.
« C’est à titre comparatif pour montrer la dimension de l’oeuf de l’oiseau éléphant, qui est sept fois plus gros que celui de l’autruche », souligne Vikash Rupear, directeur par intérim du Mauritius Museum Council. Sans oublier l’oiseau fossile Archaeopteryx. « Un genre de dinausaure à plumes ayant vécu à la fin de la période jurassique dans un environnement insulaire. » Cet oiseau-dinausaure est « le tout premier fossile découvert avec des plumes bien conservées… Il a contribué à la construction de la théorie la plus courante de l’histoire évolutive des oiseaux, à savoir que les oiseaux descendent des dinosaures de l’ordre des théropodes ».
Vikash Rupear affirme que le musée dispose de ce spécimen depuis une cinquantaine d’années. « Un don du British Museum », avance-t-il, « et il y est exposé pour la première fois ».
Vous poursuivez en découvrant le Cape Petrel, un oiseau migrateur venu de la Nouvelle-Zélande et capturé le 18 août 1958. Le directeur par intérim précise que les spécimens ne sont pas « capturés vivants mais lorsqu’ils sont morts, ceux engagés dans la préservation des espèces ou dans la protection de l’environnement, comme les services des parcs nationaux et de conservation (NPCS) ou encore la Mauritius Wildlife Foundation (MWLF), nous signalent et nous entamons les démarches pour les avoir, les faire empailler avant de les exposer ou les conserver dans notre réserve ».
Petite littérature sur les oiseaux migrateurs. Un diorama permet de les mettre en scène dans un environnement évoquant leur milieu naturel. « Quand ce sont des oiseaux de terrains marécageux, on les reconnaît par leurs pattes palmées », explique le guide. Vous découvrez aussi quelques espèces introduites dans le pays pour des raisons précises comme le Indian Myna, qui avait pour fonction de manger les insectes qui attaquaient la cane à sucre. Ou encore d’autres comme le Moineau brun arrivé de la Grande péninsule également en 1860.
L’équipe de Vikash Rupear a réservé une vitrine aux oiseaux de mer que vous trouverez surtout dans les parages de l’île Ronde au nord de Maurice. Un diorama présente un décor de littoral. Des fiches par rapport à l’identification, l’habitat, la nutrition, l’écologie des espèces. « On a créé les vitrines en faisant en sorte que la visite soit intéressante. Elle a une visée pédagogique », souligne-t-il. Et de préciser que le concept de diorama est nouveau au musée.
Avec la collaboration de la MWF, une vitrine a été aménagée pour montrer les oiseaux endémiques ou indigènes de Maurice qui sont protégés comme le gros cateau vert, le pigeon rose, le kestrel…
La MCC a aussi tenu à présenter un spécimen d’oiseau venant de trois familles : colombiforme, psittaciforme, passeriforme.
Cette galerie présente aussi la chauve-souris frugivore de Rodrigues considérée comme la plus rare au monde. Elle est placée à côté d’espèce la plus grande répertoriée, soit la Malayan flying fox qui fait 1,8 mètre lorsqu’elle déploie ses ailes.
Y est aussi exposé le Ayeaye, une primate malgache que les experts croyaient éteinte en 1933 mais qu’ils ont revue en 1957. La tête d’un cochon marron, cerf, tandrec, mangouste, singe empaillés font un clin d’oeil aux animaux des forêts mauriciennes. Ils sont d’ailleurs mis en scène dans un décor adapté. Vous pouvez aussi voir une grosse tortue Aldabra.
La visite de cette première galerie qui couvre une superficie de 200 m2 ne serait être complète sans une halte auprès des reptiles mis en bocaux, qui se trouvent sur l’île Ronde- deuxième plus grand îlot de Maurice et classé réserve naturelle en 1957 – ou encore ceux qui sont estimés disparus.
Après cette visite qui aura duré presque une heure, vous pouvez poursuivre dans les trois autres galeries, dont la dernière est consacrée au dodo et a été aménagée en 2008 avec le soutien de la Tropen Museum d’Amsterdam. Avant de repartir, vous avez la possibilité de faire une pause-café et de découvrir de petits souvenirs qu’offre le coin boutique du Musée d’histoire naturelle.