Le musée de la photographie présente une exposition pour marquer les 175 ans du premier daguerréotype fait à Maurice en son siège, rue du Vieux Conseil, à Port-Louis, du 25 au 31 août. « Un daguerréotype est une photo faite sur plaque de cuivre », fait ressortir Tristan Bréville, le directeur du musée, dans une brochure diffusée à l’occasion de cette exposition.
Il y a 175 ans, Maurice faisait son premier daguerréotype. L’occasion pour le musée de la photographie de mettre la technique à l’honneur à travers une expo organisée en son siège de la rue du Vieux Conseil, à Port-Louis, du 25 au 31 août. Le directeur du musée, Tristan Bréville, explique que cette plaque est imprégnée d’une couche d’argent. « Elle est ensuite placée dans l’appareil. L’image du sujet exposé pendant 10 à 20 secondes est imprégnée dessus. L’image reste latente et on se rend en chambre noire pour la développer avec de la vapeur de mercure et d’iode. Naît alors une photo de Daguerre. Il n’y a pas de négatif, c’est un procédé direct, ce qui veut dire que l’image est positive », explique le directeur du musée, précisant aussitôt qu’aujourd’hui « avec un appareil photo numérique, l’exposition du sujet à la lumière n’est que d’un millième de secondes ».
À cette époque, poursuit-il, seules les familles de la haute bourgeoisie pouvaient avoir accès au daguerréotype. « Par la suite, suivant la même technique, ils ont imaginé le ferrotype, qui est la photo faite sur ferblanc. C’était un meilleur marché et, par conséquent, accessible à un plus grand nombre. » Le ferrotype était réalisé à partir du même appareil, souligne notre interlocuteur.
Le visiteur pourra admirer près d’un millier de pièces lors de l’exposition, dont des daguerréotypes, des ferrotypes, des albums et appareil de photos. Tristan Bréville a aussi démonté un daguerréotype pour des raisons pédagogiques. « L’objectif est d’expliquer aux visiteurs comment est constitué un daguerréotype »,  dit-il.
À cette époque, ce sont surtout des portraits que les photographes réalisaient. Les images étaient alors en noir et blanc et on venait y rajouter la couleur. Le visiteur remarquera certainement les teintes rosées des joues des femmes. Pour le directeur du musée, « le visiteur doit pouvoir lire dans le regard de ces gens, qui ont eu le courage de se faire daguerréotypés ou ferrotypés ». Pour bien voir une image daguerréotypée ou ferrotypée, il ne suffit pas de la regarder, mais de la lire. « Il faut chercher l’angle de lecture. C’est la lumière qui va rendre cela. » Il souligne que les gens étaient mis au courant de l’arrivée du photographe dans leur endroit par le biais du journal. « Ils faisaient la queue et attendaient longtemps pour se faire photographier », dit-il.
« Exceptionnellement, on peut aussi voir des ferrotypes de Noires qui, à la libération de l’esclavage, portaient les robes de leurs maîtresses. » On peut aussi voir des images d’hommes noirs et des ferrotypes et daguerréotypes de différentes tailles, certains conservés dans des albums photos, d’autres dans des boîtiers. « À l’époque, on conservait les daguerréotypes dans des boîtiers parce que, selon la croyance, le corps “va dessus”, et il ne fallait donc pas qu’il puisse s’enfuir. Par exemple, un fils qui partait à la guerre était toujours à la maison pour ses parents. »  
Le boîtier conservait aussi mieux l’image. Que ce soit pour le daguerréotype ou le ferrotype, comme pour d’autres documents d’archives, il convient de les conserver dans une chambre froide et à l’abri de la lumière. Malheureusement, soutient notre interlocuteur, le musée n’a pas les fonds nécessaires pour cela.  Les pièces exposées font parties de la collection privée de la famille Bréville et regagneront les tiroirs du musée une fois l’exposition fermée. À noter que l’expo sera ouverte du 25 au 31 août de 9 à 15 h et que le prix de l’entrée est fixé à Rs 100.