Le baobab centenaire, tombé lundi dans la cour du musée de Port-Louis après avoir été rongé par les termites, deviendra un objet d’art selon M. Gorah Beebeejaun, le président du conseil d’administration du Mauritius Museums Council. Les travaux seront exécutés par la plasticienne Nirveda Alleck. Ils consistent à placer les racines de l’arbre en haut et à enterrer une partie du tronc dans la terre. L’arbre sera traité avec de la résine afin d’empêcher sa dégradation.
Gorah Beebeejaun nous a déclaré que cet arbre était devenu au fil des années, le témoin privilégié du développement de la capitale et sa chute avait plongé dans le chagrin ceux qui avaient l’habitude de se reposer en dessous pour profiter de la fraîcheur.
À l’heure du déjeuner jeudi, des fonctionnaires ainsi que des touristes se sont rendus près de l’arbre pour s’y recueillir alors que d’autres en ont profité pour faire des photos.
Une prière a même été dite hier après-midi par M. Guddoye et des fidèles qui avaient participé à la mi-journée aux prières traditionnelles jeudi à la Hindu Maha Sabha. L’émotion était à son comble lorsque M. Guddoye a touché le tronc de l’arbre et a lancé « gran dada finn ale ». Il a invité les fidèles à se recueillir auprès de l’arbre, à lancer des fleurs et à toucher le tronc en signe de respect pour cet arbre centenaire. Selon M. Guddoye, un arbre est sacré dans l’hindouisme : il représente la vie.
Pour sa part, Gorah Beebeejaun indique que le Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) a déjà entamé les démarches auprès des autorités pour l’acheminement d’un plant de baobab à Maurice. La MSIRI procédera à des analyses pour déterminer s’il s’agit bien d’un baobab authentique. L’autre arbre, qui sera fourni par une organisation non gouvernementale, sera mis en terre à un autre endroit alors que le baobab de Madagascar sera planté à la même place que celui qui s’est effondré lundi.