Pas toujours évident d’être artiste à Maurice. Même les chanteurs les plus populaires ont souvent recours à un autre emploi afin de pouvoir gagner leur vie. Chanteur le week-end et plaisancier, homme d’entretien ou peintre le reste de la semaine. À l’heure actuelle, ils sont nombreux les artistes populaires à ne pas pouvoir vivre de leur passion.
“Inposib viv zis ar lamizik”, dit d’emblée Zulu. Jasmine Toulouse abonde dans le même sens. “À Maurice, c’est difficile de vivre uniquement de la musique.” “Aujourd’hui, ce n’est pas possible pour tout le monde de vivre du métier de chanteur”, affirme Dagger Killa. “Pa kapav anvizaz pou viv zis ar lamizik manier ki ete isi”, complète Ras Minik. Malgré la notoriété de ces quatre artistes, la musique ne leur permet pas de voler de leurs propres ailes. Ils doivent exercer un autre métier pour pouvoir vivre et continuer à assouvir leur passion.
Quand Zulu n’est pas en studio, il passe le plus clair de ses journées aux abords de l’hôtel Shandrani, tentant de rabattre les clients vers son bateau pour leur faire visiter l’île aux Cerfs. Dagger Killa exerce comme peintre depuis quelque temps après avoir évolué dans la maçonnerie pendant plusieurs années. Jasmine Toulouse est secrétaire dans une école de formation de technicienne de maison, alors que Ras Minik est employé depuis deux ans à la municipalité de Port-Louis en tant que responsable de l’entretien du jardin des Salines.