Clarel Betsy fait son come-back musical avec le disque Kot Dilo/Bel Rivaz. Le CD sera dans les bacs cette semaine. Cette sortie se présente comme une renaissance de sa carrière chez nous. Du moins, il l’espère. Car il a aussi un album en gestation. Quarante ans après son départ pour la France, il revient à la source.
À trop avoir entonné la chanson Kot Dilo, il a été submergé dans son appartement à Paris. Et le rendez-vous qu’il y avait fixé avec Scope est tombé à l’eau. Idem pour le plan resto que Clarel Betsy avait prévu chez l’Indien du coin. Et c’est finalement à Curepipe (la ville d’eau) qu’on s’est finalement retrouvés. En temps de pluie (sic). Et Clarel Betsy se console avec du rock des années 80 que crache sa chaîne Hi-fi. Il est plus serein ici qu’à Paris, dit-il. Notre hiver est mieux que l’été français. Avec Gérard Louis, il vient de terminer les derniers détails pour la sortie de son disque Kot Dilo/Bel Rivaz. Deux titres en cadeau « à ceux qui attendaient des nouvelles chansons de mon répertoire ». Avec ces deux titres, dit-il, « je voulais me faire plaisir, mais plus encore à ces nombreux fans qui me sollicitent depuis des années pour des nouvelles chansons. Ces deux chansons sont un peu comme le Ti frer et Amelie d’aujourd’hui ».
Geda.
Ce projet d’enregistrer les deux titres du présent disque date de dix ans. C’est la rencontre avec Gérard Louis qui a permis de concrétiser cette démarche. « Avec lui j’ai pu poser des bases solides pour ce projet. C’est quelqu’un de très professionnel. Au fil du temps, il y a eu une amitié qui est née et on a travaillé dans un climat de confiance ». Les deux titres ont été enregistrés dans le studio de Gérard Louis à Albion. Sur Bel Rivaz, Mike Orger signe la partition piano. Travail qu’avait commencé Belingo Faro.
 Flash-back
C’est le 1er juillet 1971 qu’il quitte Maurice pour Paris. Avec comme ambition d’apprendre la musique et se faire une place dans ce milieu. Juste après sa scolarité secondaire, il abandonne tout, pour Paris. « 40 ans après, je ne suis pas déçu de mon choix. J’ai vécu de très belles expériences ». Celui qui a fait décorer Paul Anka par Jack Lang, ministre de la Culture en 1991 (voir WES du 7 juin 1991), a aussi eu l’occasion de côtoyer des célébrités françaises et internationales. On pense ici à Boney M, Stevie Wonder, Eddie Barclay, Johnny Hallyday… Il a même réalisé une interview de Bob Marley et a chanté deux fois à l’Olympia. Et pour preuve, il a mis toutes les photos dans le livret de son Best Of.
Ségatier ?
C’est sans complexe qu’il affirme qu’il n’est pas un ségatier. Clarel se considère plus comme un « auteur-compositeur » qui plonge d’un style à l’autre sans complexe. « Pour être un ségatier, il faut avoir évolué dans un univers de ségatier, pour s’imprégner de cette culture. Mais je peux dire que le séga est un héritage musical que je conserve depuis toujours ». Discographiquement parlant, il a exploré des genres qu’on ne lui soupçonnait point. Il suffit d’écouter l’album Open Air pour découvrir un autre Clarel. Open Air, c’est Gérard Zajd, Jean-Pierre Decerf et Clarel Betsy. Un trio surprenant. Ou encore le disque In the name of the Lord, sorti dans les années 80. Un disque enregistré en France avec les musiciens de « son ami » Johnny Hallyday. « Je ne vis que de la musique et chaque expérience dans ce milieu est une aventure pour moi ».
En préparation.
Outre l’album qu’il a déjà composé et qu’il espère réaliser avec Gérard Louis, il planche sur un projet pour l’anniversaire du jumelage entre Souillac (Maurice) et Souillac (France). La nouvelle chanson et sa vidéo sont dans la boîte. Son désir est de présenter en live cette composition à l’occasion de cette célébration. Il annonce aussi la publication de sa biographie pour 2012. L’écrivain Sedley Assonne sera la plume racontant sa vie. Dans un autre registre, il coécrit un dessin animé avec le caricaturiste Deven T. Que de projets pour celui qu’on surnommera bientôt Dilo, comme ce fut le cas à l’époque de Ti Frer !