Souvenez-vous : il avait créé la surprise avec ce titre qui avait remporté un vrai succès en 2007. L’auteur de Momon change de registre, et passe du séga au reggae pour son premier album sorti, il y a quelques jours. Ce qui nous permet de revenir sur le prélude de son histoire.
Selmi habite Ste-Croix. Dans son quartier, il connaît un certain Momon, qui possède une voiture. Il y a aussi un petit jeune du voisinage, constamment dévoué à Momon. “Le garçon avait aux alentours de 13 ans à cette époque. Souvent, lorsque j’allais dans les parages, je le voyais laver la voiture ou s’affairer à d’autres tâches. Il écoutait tout ce que Momon lui disait, et il est clair qu’il l’aimait beaucoup.” La dévotion du gamin pour le fameux Momon avait tellement marqué Selmi qu’il s’en était inspiré pour une composition et avait chanté la scène avec une pointe d’humour.
Compositions.
“Je dois avouer que je ne m’attendais pas à grand-chose de cette chanson.” Selmi ne s’est jamais senti l’âme d’un ségatier. Dans le coin de la rue où il joue habituellement de la guitare “pou mo prop plezir”, il s’exprime plutôt sur le rythme saccadé du reggae et celui du seggae. “C’est surtout ce style qui m’a toujours accroché.”
Michel Nany, qui avait eu l’occasion d’entendre ce musicien koltar, avait cru déceler un autre feeling chez ce dernier. Il l’avait convaincu de s’essayer au séga alors qu’il préparait une compilation réunissant quelques artistes. Dans la rue, Selmi ne se contentait pas de reprendre les succès de ses idoles. Il avait aussi travaillé quelques compositions “pou rakont seki ena otour mwa”. L’homme a toujours souhaité s’exprimer par l’écrit. “Me mo pa ti tro for kote ledikasion. Samem mo inn desid sante.”
Surprise.
Suite à la proposition de Michel Nany, il sort ses compositions et choisit de mettre l’histoire de Momon en musique afin de s’amuser sur un séga rythmé. De manière inexplicable pour son auteur, Momon devient un véritable tube lorsqu’il paraît sur la compilation Rougaille Séga 2007. La chanson passe alors sur toutes les radios, son clip est diffusé à la télé et c’est l’un des grands succès locaux de cette année-là.
Le surnom de Momon devient célèbre. Ce dernier perd cependant son jeune valet. On prétend que lorsqu’elle a entendu la chanson, la mère du petit aurait interdit à son fils de revoir Momon, qui doit sans doute se débrouiller seul pour laver sa voiture…
Guerison.
Selmi pouvait de son côté poursuivre ses rêves. Ce premier album solo a pris quelques bonnes années avant de voir le jour. Certaines compositions datent d’avant le fameux Momon. Le chanteur préfère cette fois revenir à ses premières amours et propose de se faire découvrir dans le registre où il se sent le mieux. Le tempo est résolument roots, Selmi optant pour un mélange de seggae, reggae, ragga, R&B, dancehall, ragga.
Dix titres composent l’album Guerison. En sus du titre éponyme, l’album propose aussi Ti cochon, crapo, Bad City, Mo l’amour à mwa, Dete (feat Ziakazom), Cultivateur, Flash Back, Hipo et Babilone. Selmi est accompagné par les musiciens de Zotsa. L’album permet à l’auteur de Momon de revenir sans complexe sous les feux des projecteurs et de poursuivre sa carrière avec assurance.