Professeur de musique indienne (hindustani vocal) depuis le début des années 1980, Mohurlall Chummun vient de terminer l’écriture des manuels pour l’enseignement de la musique indienne menant au Certificate, Advance Certificate et Diploma dans le but d’harmoniser la pratique. Lors d’une rencontre avec Le Mauricien à son domicile, à Triolet, ce passionné nous livre son avis sur l’enseignement de cette musique à Maurice. Il estime important d’être créatif « si on veut réussir ». Rencontre.
À ce jour, la musique indienne dans les établissements scolaires n’est pas encore devenue une matière à part entière, et ce même si, dans le passé, il y a eu des tentatives pour le faire. Mohurlall Chummun indique avoir fait partie de l’équipe ayant travaillé sur l’élaboration d’un syllabus sous le gouvernement travailliste, alors que Dharam Gokhool était ministre de l’Education. Le projet avait abouti et avait été lancé sur une base pilote dans quelques établissements. « Mais il n’a jamais été concrétisé jusqu’au bout, soit jusqu’en Form V, ce qui se serait conclu par des examens », dit-il. Par conséquent, à ce jour, la musique indienne est enseignée de la Form I à la Form III, sans toutefois être reconnue par un certificat national. De plus, contrairement à l’enseignement de la musique occidentale, où les élèves apprennent en outre à jouer de la flûte à bec, en musique orientale, « ils n’apprennent pas à jouer d’un instrument », souligne notre interlocuteur. Parallèlement, des institutions comme le Mahatma Gandhi Institute (MGI), le Rabindranath Tagore Institute (RTI) ou encore le centre culturel Indira Gandhi pour la culture indienne (IGCIC), à Phoenix, parmi d’autres, proposent quelques cours menant à des certificats et à des diplômes. Cependant, « il n’y a pas de manuels à proprement parler pour son enseignement, même si un syllabus existe », précise notre interlocuteur.