Si tout va bien, Jean Alain Roussel reprendra très prochainement les titres de The Police, Bob Marley, Cat Stevens et les autres en version mauricienne, avec le soutien de musiciens locaux. Le Maestro qui a travaillé avec quelques-uns des plus grands mondiaux est de retour à Maurice après 59 ans. Durant son séjour, il espère aider à faire avancer la musique mauricienne.
Quand il avait travaillé avec Bob Marley, Sting and The Police, Cat Stevens, Toots and the Maytals, Black Uhuru, entre autres, Jean Alain Roussel avait apporté cette touche particulière qui avait conféré aux musiques de ces artistes une couleur singulière. Ces collaborations avaient généré des tubes internationaux qui continuent à traverser le temps, conquérant plusieurs générations.
C’est également pour cette touche qui lui est si distinctive que sa collaboration a si souvent été sollicitée. “Les professionnels qui ont travaillé avec moi arrivent facilement à l’identifier quand ils l’entendent sur un projet”, souligne-t-il.
Ce groove exceptionnel, Jean Alain Roussel l’a puisé du séga, un des héritages qu’il avait transportés en son coeur lorsqu’avec sa mère, il avait quitté Maurice, il y a 59 ans. “Ce groove, je l’ai toujours eu. C’est quelque chose que j’ai dans le sang.”
Bat sega.
De retour sur la terre natale après ces longues décennies, l’homme veut maintenant marquer cet événement en offrant aux siens un cadeau exceptionnel. Le projet sur lequel il travaille s’annonce non seulement grandiose, mais promet de retentir haut et fort. Le temps de réunir les musiciens qu’il identifie en ce moment sur le terrain, Jean Alain Roussel projette d’ici à la fin du mois de reprendre les grands classiques auxquels il a directement participé. Au hasard, cela pourrait être : Every Little Thing She Does Is Magic (The Police), No Woman No Cry, Natty Dread, Lively Up Yourself, Rastaman Vibration (Bob Marley), Jamaica Say You Will (Joe Cocker), Catch Bull at Four (Cat Stevens), entre autres. Mais cette fois, le Maestro ira au bout de cette logique musicale qu’il a prônée tout au long de sa carrière : “Je vais reprendre ces morceaux en y intégrant des joueurs de ravannes, qui apporteront la touche séga ? qui a toujours existé ? dans les titres que je présenterai.” Pour beaucoup le groove de Jean Alain Roussel n’avait jamais été expliqué : “C’est pourquoi des membres des Wailers, par exemple, me disaient que mon reggae ne l’était pas vraiment.” Mais la musique n’avait ni dérangé, ni déplu. Loin de là…
Le 15 au Caudan.
D’autres nouvelles au sujet de ce projet seront communiquées au fur et à mesure que les choses évolueront. Arrivé à Maurice avec une équipe, le jeudi 6 décembre, Jean Alain Roussel s’est laissé aussitôt gagner par la chaleur et le rythme de Maurice. À travers son manager, Joyce Desroches, il a aussitôt commencé à discuter avec et à rencontrer des artistes locaux de différents courants musicaux.
L’une des premières rencontres a eu lieu avec un groupe de ravannes de Bambous. Jean Alain Roussel a ensuite visité l’Atelier Mo’Zar de José Thérèse. Les arrangements avaient déjà commencé. Il suffisait simplement de finaliser les accords en vue du concert qu’il donnera aux côtés des musiciens de l’atelier de Roche Bois, le 15 décembre, de 12h à 14h, au Caudan Waterfront. Ils seront rejoints par un autre grand de la musique mauricienne, Linley Marthe, pour un moment musical qui s’annoncera intense, riche et unique.
Back home.
Ce retour à la case départ, Jean Alain Roussel l’a imaginé pendant longtemps. Comme un rêve entretenu dans son subconscient alors qu’il allait à la conquête du monde. Sur le parcours, le musicien mauricien a croisé Serge Gainsbourg, Julien Clerc, Jeanne Manson, Linda Lewis, Jon Hendricks et d’autres sommités de la musique internationale. Initialement formé à la musique classique, Jean Alain Roussel s’est par la suite ouvert aux différents courants qui émergeaient dans les années 60/70.
Session musician, il a vu plusieurs des protagonistes de l’époque démarrer et les a aidés à se construire. Il les a accompagnés en studio et sur scène. Pour certains, il a été le coup de pouce attendu. Parmi ceux-là, Céline Dion, pour qui il a produit l’album Incognito, le premier succès qui a sorti la Canadienne de l’ombre. Il lui avait également composé deux chansons pour l’album.
L’appel.
Depuis quelque temps, l’homme a commencé à ressentir un appel venant de sa terre natale. Jean Alain Roussel ne voulait pas de simples vacances au soleil, mais d’un vrai come-back à travers lequel il espère offrir à la musique mauricienne les occasions qu’il a jadis offertes aux autres. À Scope qui l’avait interviewé il y a quelques mois, le maestro avait confié son désir de revenir et de participer à un projet pour que “l’île Maurice soit connue comme un berceau de création artistique unique, qui a sa place dans ce monde”. Jean Alain Roussel reste convaincu que les différentes cultures qui composent Maurice constituent, musicalement, une richesse à explorer et à exploiter.
Unité.
Durant son séjour, Jean Alain Roussel animera des Master classes et travaillera avec des musiciens locaux. Son principal message sera de faire saisir la nécessité d’une unicité et d’une cohésion réelle entre musiciens afin que les atouts de chacun puissent resplendir en une formation puissante et soudée. “Le niveau des musiciens individuellement n’est pas le plus important. Ce qui l’est, c’est la façon dont ils peuvent tous jouer ensemble et l’énergie qui peut s’en dégager.”
Son manager a veillé à ce qu’il soit accueilli à sa descente d’avion au rythme de ravannes et dans une ambiance locale. Des professionnels comme Thomas Ottogalli, Olivier Leani et Jean Marc Laroque sont parmi ceux qui l’entoureront. La visite de Jean Alain Roussel fera aussi l’objet d’un documentaire qui contribuera à mieux exposer la musique mauricienne.