Le trio Thalberg revient à Maurice pour un unique concert samedi soir, avec le premier album entièrement consacré à la musique du compositeur d’origine mauricienne Francis Thomé. Les mélomanes pourront découvrir en live ces pièces de musique de chambre que le conservatoire François Mitterrand et le label Azur Classical ont par ailleurs enregistré, avec pour pièce maîtresse un morceau en quatre mouvements, que les connaisseurs désignent comme le Trio en la majeur, puis un choix de petites pièces plus ou moins connues. Rendez-vous est donné à 20 heures au conservatoire.
Claudie Ricaud qui est non seulement la biographe de Francis Thomé mais aussi celle qui a fait renaître son oeuvre de ses cendres, a choisi avec les musiciens du trio Thalberg, dans le répertoire des pièces existantes pour piano, violon et violoncelle, en cherchant dans la mesure du possible à montrer diverses facettes de sa musique. Le plat de résistance en est le Trio en la majeur qui se développe sur quatre mouvements, mais les amuse-gueules, entrée et dessert n’en sont pas pour autant accessoires.
On retrouvera, en live et sur CD, les morceaux les plus connus que sont par exemple le Simple aveu et l’Andante religioso. Et l’on pourra découvrir trois autres petites pièces, Le rêve, Clair de lune aux intonations japonisantes, et le menuet La Vallière. Après sa mort en novembre 1909, ses oeuvres resteront populaires en France pendant une trentaine d’années. Dans la biographie très complète qu’elle a écrite, Claudie Ricaud cite entre autres le Simple aveu, l’Andante religioso et Clair de lune parmi les morceaux courts qui ont été le plus souvent diffusés entre 1923 et 1930, grâce à l’apparition de la radiophonie… À l’époque on écoutait aussi dans ces mêmes émissions des compositeurs tels que Chaminade, Fauré, Saint-Saëns ou Debussy.
Le Trio en la majeur a quant à lui représenté une clé ou une période charnière dans la vie de son auteur, car il marque son entrée à partir de 1881 dans la musique de chambre de haute facture… Ce morceau est décrit comme comportant de « longs développements » et des « passages de haute virtuosité ». S’agissant de la première oeuvre de ce type proposée alors par un jeune pianiste-compositeur qui cherche peut-être encore à prouver ses talents, Claudie Ricaud précise que ce dernier n’a peut-être parfois « pas su garder les bonnes proportions… », ajoutant que le plus important demeure de comprendre que ce morceau en quatre mouvements ouvre dès lors pour son auteur « deux voies musicales possibles : la musique de salon et la musique de chambre » qui joueront un rôle majeur dans son oeuvre et sa popularité.
Si le CD est distribué depuis la mi-août, la date de son lancement à Maurice correspond à l’anniversaire de sa naissance en 1850 à Port-Louis. L’enfant ne passera que quelques années au pays natal, ses parents ayant décidé de s’installer à Paris supposément après la grande épidémie de choléra de 1854. Le pianiste présent sur l’album est différent de celui que nous allons découvrir samedi soir avec le violoniste Gérard Torgomian et le violoncelliste Frédéric Borsarello. Antoine Didry-Demarle étend son répertoire de Bach à la musique contemporaine avec par exemple l’intégrale des sonates et interludes de John Cage ! Il consacre une grande part de son activité à la musique de chambre, il enseigne en conservatoire et a fondé le duo Métamorphoses avec Andrea Corazziari.