Les musiciens et amis d’Abaim présentent leur livre sur la ravanne le 30 juillet, sous le titre o ti le la la e ravann. Attendu depuis un moment, cet ouvrage bilingue, en créole et en anglais, comprend une partie imprimée et un DVD.« Konn li, aprann zwe li », comme l’indique le sous-titre, est à comprendre comme l’association d’un manuel d’apprentissage de la ravanne, d’une méthode nouvelle pour en écrire et lire la musique, et d’une présentation générale qui aborde à la fois l’origine et l’histoire de l’instrument, les différents types d’interprétation que le tambour mauricien permet ainsi que sa fabrication.
Du son, des images fixes en couleur et en noir et blanc, des images en mouvement sur DVD, et du texte : tel est en résumé la matière qui constitue la dernière réalisation du groupe Abaim et de tous les jeunes apprentis musiciens qui l’entourent. Mais dans le détail, o ti le la la e ravann est le fruit de longues années de travail et de recherche, l’aboutissement de toute une démarche d’exploration et d’investigation de nos savoirs intangibles, et enfin l’oeuvre d’un collectif d’artistes, de chercheurs, d’amoureux de la musique mauricienne, de jeunes et moins jeunes musiciens, ainsi que des compétences variées qui ont permis la réalisation de cet ouvrage multimédia.
Ceux qui avaient assisté à la projection du film de la musicologue et artiste américaine, Diana Heise, sur la fabrication traditionnelle d’une ravanne, le retrouveront dans ce package ainsi que bon nombre de ses photographies qui illustrent différentes parties du livre. Comme elle doit séjourner à Maurice pour l’exposition Ephemeral coast, Diana Heise se joindra à ses amis d’Abaim le samedi 30 juillet de 18h à 21h pour une soirée de présentation du livre, qui se fera en musique live et en images avec des projections.
Pour ce moment-clé dans la vie de l’association, les artistes ont choisi de sortir de l’ancienne école Colonel Maingard de Beau-Bassin, pour s’installer dans un lieu d’histoire et de patrimoine, entre les murs épais et impressionnants de l’ancienne prison de Port-Louis, qui se trouve à l’arrière du NPF Bg. à Port-Louis (entrée sur invitation dans la limite des places disponibles, contacter le 489 4006 ou le 57 72 43 27). Jusqu’au 30 juillet, soir de cette présentation publique, ce livre bénéficie d’un prix de lancement à Rs 500 qui passera à Rs 700 par la suite. Ces prix pour un ouvrage de 200 pages, abondamment illustré et accompagné d’un DVD, n’auraient pu être obtenus sans l’apport de différents sponsors qui ont soutenu le projet.
Bien sûr ce que propose l’équipe d’Abaim n’est pas la première méthode de ravanne du pays, et celle-ci viendra compléter d’autres initiatives qui ont eu lieu dans le passé. Poursuivant leur vocation de rendre la musique accessible au plus grand nombre et de prolonger les traditions du pays en les renouvelant, ils ont mis au point un système de notation, qui en nécessite que quelques rudiments de solfège au préalable, et qui trouve son complément dans les explications et photographies présentes dans le livre.
Alain Muneean s’en explique en ces termes : « Aucun solfège ou système de notation n’est parfait et complet. Nous nous appuyons sur le solfège à l’occidentale, et nous avons développé une méthode d’écriture appropriée à la ravanne, qui permet de prévoir par exemple les différentes façons de la frapper et les endroits où on frappe le tambour. Il existe un solfège spécifique pour les percussions, et un peu dans le même esprit, nous avons voulu développer une écriture musicale propre à la ravanne, qui prenne en compte tout son potentiel. Tout ceci a été validé par des experts en musicologie ainsi que par des gens du conservatoire mauricien, pour s’assurer que nos notations sont compréhensibles et logiques. À travers cette démarche, nous voulons aussi démontrer que la ravanne est un instrument comme les autres, pas seulement vouée à accompagner d’autres instruments plus importants… »