Autre temps, autres moeurs. Mais cela ne nous empêche pas de nous interroger quand les vieilles traditions perdent leurs valeurs. Un exemple : notre bon vieux “Disque de l’année”. L’avènement des radios privées a manifestement changé la donne, avec une sélection et une élection proche de l’à-peu-près. Au point d’en faire un sujet de discussion, voire de contestation, après le coup de minuit du 31 décembre.
Les nostalgiques ou tout simplement les auditeurs se souviendront de ces débuts de soirée de la St-Sylvestre, animés par le classement du “Disque de l’année” sur l’unique radio locale de l’époque, la MBC. L’engouement autour de cette émission était connu. Elle tenait une place immuable dans le folklore mauricien. Nous étions nombreux à nous brancher très tôt sur les ondes de la radio pour suivre l’événement, du début à la fin. D’abord, parce qu’on savait qu’on aurait droit à une bonne sélection des titres qui étaient sortis durant l’année écoulée et qu’on entendrait forcément celui qui nous avait marqués. Et aussi parce que c’était amusant et qu’on avait forcément envie que notre chanson préférée soit plébiscitée.
Difficile de ne pas se souvenir de cette magnifique ambiance. Jusqu’au jour où tout a changé. Quand les radios privées sont arrivées, chacun s’est mis de la partie. Depuis, à chaque fin d’année, chaque station propose sa sélection. Avec quatre stations de radio, qui offrent le même jour et au même moment le classement de la chanson de l’année, à minuit le 31 décembre, on ne sait plus sur… quel pied danser.