Les jeunes chanteurs d’aujourd’hui qui se produisent au club privé L’Altitude à Ebène, cultivent l’héritage de la soul, du reggae, du rock ou de la pop music pour composer des chansons qui sont le reflet d’une esthétique à leur image. Ainsi, depuis la programmation musicale de Roberto Reine de Carthage (musicien et fondateur de Mouv Production) pour août 2014, le public a pu écouter différents chanteurs en live les vendredis ou lors des concerts à L’Altitude. Des performances dont la dernière en date est celle de Celine Lily Cole, en première partie du concert du Zulu samedi dernier. Rencontre avec une chanteuse hilarante dans un espace-temps indéfini.
Son voyage musical est riche. Cette jeune femme de cité Loyseau, Curepipe, est passée de choriste dans un groupe reggae à lead singer au sein du groupe Urban Rhymes et maintenant Riddim Factory, entourée de son frère et mentor, le bassiste Dominique Chowrimootoo. Entre les jeunes gens à la mode et les filles décidées, l’énergie des guitares et parfois les percussions de Roberto, la scène intérieure de L’Altitude n’en finit pas de couver des talents. Mais qu’on se rassure cette « musique jeune » ne devrait pas désarçonner : tous ces nouveaux venus ont beaucoup écoute, sur le plan musical. Et leurs compositions en phase avec notre époque portent l’héritage d’une sensibilité particulière. D’abord, Lily. C : cette décontraction d’une jeune chanteuse, qui fut parmi les finalistes de Star 2012, dont l’émotion se traduit dans la suavité du rythme et les harmonies vocales. Ses chansons s’inscrivent dans une esthétique qui rappelle les échos de la soul music. Lily a pris le temps de faire un voyage intérieur pour trouver son inspiration, sa matière musicale, seule manière de transcender et de s’approprier ce qui chez ses consoeurs ne sont que « reprises ». Qu’elle interprète American Boy de Estelle, Roxane de The Police, ou un titre de Kaya, la rigueur et la discipline dans le travail sont là. Lily réussit à se frotter aux standards sans arrangements sophistiqués et parvient à placer sa voix au naturel sans tics superflus. Elle a pu se départir de tout copier-coller en matière de références obligées pour faire une musique acoustique. C’est dans le nord de l’île qu’elle a livré une performance qui a marqué, avec un full band. Elle a nourri des constructions rythmiques simples, des mélodies. Mais sur la scène de l’Altitude elle est déjantée, à l’écoute d’un public enthousiaste. Son live relève d’un bon niveau d’engagement du corps et de l’esprit. Accompagnée de Bryan Armoogum (guitare) et de son grand frère et parrain Dominique Chowrimootoo (basse), elle s’en tient à son image, improvise parfois, l’imagination débordante. La fêlure dans la voix est toujours présente. On retiendra la façon de vocaliser, l’accentuation avec cette légère cassure dans la voix : autant de pertinence et de prestance chez Lily.C et aussi un voyage dans l’espace-temps de toutes les musiques. En short ou pantalon, la chanteuse au look androgyne est bien décidée à travailler ses textes pour faire un album si possible en 2014. Mais déjà un clip en ligne et de nombreux fans. A suivre !