A4 : Une bande d’artistes dont certains sont renommés : Steven Bernon, (basse), Clifford Boncoeur, (Guitare), Joëlle Husseiny, (Vocal) et Rajni Lallah, (Piano), Dario Manick, (Batterie). Depuis leur premier concert en 2006 dans le hall de LPT (Ledikasyon Pu Travayer), le groupe est en train de faire bouger les lignes musicales en profondeur. A4 est bien décidé à refondre le genre de la musique traditionnelle avec une assurance inébranlable. Cette ambition irrigue Nu Zistwar, album fleuve, démesuré (neuf titres dont un de plus de dix minutes, Kotomidor), inspiré par les rythmes et les harmonies insulaires, mélodies populaires.
« La musique que suggère A4 est façonnée par l’expérience et les parcours humains et professionnels de ses cinq musiciens qui ont evolué à Maurice. Ce projet de création artistique et musicale puise des rythmes, harmonies et mélodies populaires mauriciennes, qui constituent théoriquement les éléments maternels de leur langage musical, autant qu’ils puisent ou s’inspirent d’autres formes de musique, propres aux préférences naturelles de chacun d’eux… » Nous ajouterons à cette présentation du groupe les textures denses dessinées pour la guitare de Steve Desvaux présent sur l’album lors de sa réalisation en 2012 au studio Kapricorn (Prise de son : Ronan Cerclay et Richard Hein). Steve Desvaux évolue aujourd’hui en Chine. Il y a aussi des grooves complexes, une subtile harmonie élaborée et les élancements sublimes de la trompette de Philippe Thomas invité sur l’album. Entre éclairs et chuchotements sensuels, Nu Zistwar est sans conteste l’un des événements de l’année. On nous dit que A4, c’est histoire « de faire de la musique pour le plaisir ». On veut bien le croire, mais il y a aussi les musiciens talentueux qui entendent bien poser les jalons d’une musique propre à eux. Pour ne citer que quelques-uns : Clifford Boncoeur, guitariste inventif, a joué sur les scènes de Maurice, de France, d’Espagne, de La République Dominicaine, de La Louisiane, du Liban, de la Réunion et de Mayotte avec Menwar et Damien Elisa, dans leurs tournées; Joëlle Husseiny (une soliste d’une qualité exceptionnelle dont on peut discerner les nuances dans chaque interprétation) dont la voix traverse tout l’album et l’irradie; la pianiste Rajni Lallah dont le processus de composition musicale est très stimulant. A4 propose une musique qui reflète la culture dont nous sommes issus, mariée à d’autres musiques. Les palettes rythmiques et harmoniques en sont l’exemple. Certains phrasés et choix de notes proviennent de compositions et arrangements singuliers (Kolye Sipay, Ballad for Tatu, Ana, Nu Zistwar). Une génération produit une musique qui lui est propre et ne refait pas ce qui a déjà été fait. Nous sommes au début de quelque chose de grand.