Gérard Louis n’a rien perdu de sa verve et est toujours prêt à surprendre. À la sortie de son album solo ‘Galé Galé’ en 2010, l’artiste voulait raccrocher, marquer une pause et se ressourcer. L’attente aura été longue pour ses fans, mais dans le silence, Gérard Louis a revu sa gamme musicale. Deux années sabbatiques et un retour en force avec ‘Oxyzen’, un album aux sonorités différentes de celles auxquelles l’artiste nous avait habitué. Du Jazz manouche, un air de country, violoncelle, accordéon, violon, guitare basse, percussion… De quoi satisfaire mélomanes et amateurs de bonne musique.
Hors de sa bulle, Gérard Louis livre un album éclatant et coloré. ‘Oxyzen’ est un petit bijou mélodique enfermé dans un écrin d’un blanc épuré. Sur la boîte, la photo de Gérard Louis – les bras croisés – semble attendre le verdict de ses fans. Comme un regard inquisiteur qui semble vouloir dire : « Bon, pas bon ? » Ce questionnement, Gérard Louis l’a longtemps imaginé dans sa tête d’artiste. Sa quête de plaire à ses fans et, surtout, ce souci constant de se démarquer des autres. « Il me fallait une bouffée d’air frais. Comme je l’ai dit dans la préface de mon album, cela me fait des souvenirs et me ramène 19 ans en arrière, à l’époque où j’apportais ma contribution à une nouvelle sonorité musicale qui devint celle de Cassiya. Cette sonorité, mêlée à mes arrangements musicaux, ont révolutionné la musique mauricienne. »
« Pendant deux ans, ajoute l’artiste, j’ai fait une pause. Le temps de me retrouver. Le bon mélange sonore, c’est comme chercher une nouvelle recette en cuisine. » Un sentiment de satisfaction personnelle se dégage de cette rencontre avec Gérard Louis. L’homme est heureux. Son nouvel album représente un nouveau tournant de sa carrière et une nouvelle ère de courant musical. Une sonorité qui prend des accents internationaux avec des rythmes à la jazz manouche, des morceaux agrémentés de violon et de violoncelle, ou encore de la country, style où il a évidemment incorporé sa touche personnelle.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le résultat surprend. Dans le bon sens du terme car l’album se laisse agréablement écouter. « J’ai voulu créer un nouveau style, un nouveau son, de nouveaux rythmes. Au final, je suis fier de ce que j’ai accompli et j’attends le feedback de mes fans. »
Parlant de sa remise en condition, Gérard Louis met l’emphase sur une « saturation » qui l’a finalement obligé à passer à autre chose. « Quand j’ai fait ‘Galé galé’, je n’étais pas pleinement satisfait du résultat. Je n’aime pas tomber dans le commercial. Il me faut un travail de recherche, de précision. »
L’album ‘Oxyzen’ a été produit dans le studio de Gérard Louis en décembre dernier. Selon l’artiste, tous les musiciens figurant sur l’album se sont mis en condition. « Tout s’est fait sur une question de feeling, d’arrangements. Je me suis entouré de musiciens comme Jalil Auckburaullee au niveau des percussions, qui était présent au tout début dans la troupe Cassiya. Mais on trouve aussi Sydney Alfred à l’accordéon, Yves Ramdeal au violon, Noël Malabar, Rodney Rannoojee, Gérard Louise. Au violoncelle, Benjamin Saramandif. » L’artiste a une fois de plus misé sur la spontanéité en choisissant d’accorder ses notes sur des chansons qui lui tiennent à coeur. Ces  morceaux préférés sont ‘Léker finn brisé’ et ‘Fénéant’.
Gérard Louis part en Europe sur l’invitation d’un groupe d’organisateurs et reviendra pour un grand concert musical le 5 mai au J& J Auditorium, à Phoenix. « C’est un grand concert où je serai entouré de Dominique Barret, de La Réunion, Tiana de Madagascar, Edouard Doyal de Rodrigues ou encore Jean-Marc Volcy des Seychelles. Et au niveau local, Sandra Mayotte, Bruno Malcom et Meera Mohun. Le public pourra entendre une autre couleur musicale de ce concert. Je reprendrai des morceaux comme ‘Bake Yaya’ et ‘Pu ou mamzell’ tout en leur donnant une autre sonorité. »
Les billets seront en vente au Rezo Otayo à Rs 300, Rs 400 et Rs 500, dépendant du type de place.