Cela fait quatre mois que Steve Brunet ne chante plus Ti-madam la et les autres titres de l’album lancé en septembre 2017. Suite à un différend avec son ancien producteur, Damien Ng Tat Chung, celui à qui un avenir brillant et des tournées en Europe avaient été promis a mis sa carrière entre parenthèses. Damien Ng Tat Chung parle d’un contrat qui n’a pas été renouvelé et affirme que l’artiste a choisi d’être plus autonome. Alors que les deux parties se renvoient la balle, Steve Brunet se retrouve à travailler sur des chantiers de construction. 

Il y a six mois, Steve Brunet atteignait les sommets avec Ti-madam la, chanson classée en deuxième position sur deux radios au concours “Disque de l’année”. Le grand battage médiatique autour de son album solo et les projets ambitieux annoncés par son producteur, Damien Ng Tat Chung, laissaient présager un avenir radieux pour ce maçon doté d’un réel talent pour la musique et le chant et qui s’était signalé au sein de Mulaëo en 1995. Mais ces derniers mois, la dégringolade a été fulgurante. Steve Brunet s’est tu et se retrouve dans l’anonymat sur les chantiers où il travaille. Des différends entre son producteur et lui ont eu raison de sa carrière. Les deux parties se renvoient la balle pour expliquer cette situation qui fait que Ti-madam la (feat. Désiré François), Lor compte l’amour et les autres chansons de l’album ne sont plus reprises par l’artiste depuis quelque temps. S’il souhaite reprendre un des morceaux de cet album, Steve Brunet devra payer son producteur, à l’origine de l’album Heureux, lancé en septembre 2017.

“Je ne chante plus pour éviter les soucis avec mon ancien producteur”, confie Steve Brunet. Le chanteur est amer : “Pour réaliser un album, le producteur s’attend à ce que tu te conformes à ses directives et que tu ne prennes aucune initiative. Mais jamais il ne te dira si l’album est un succès, alors qu’il te mettra tout de suite au courant lorsqu’il perd de l’argent. Il n’a aucun compte à te rendre, car ce projet c’est lui qui l’a financé. Je ne montre personne du doigt. Je veux juste qu’on me fiche la paix et qu’on me laisse faire ma musique tranquillement.”

Pour sa part, Damien Ng avance qu’il ne connaît pas le chiffre exact du nombre d’albums vendus. “Ce chiffre est disponible auprès de la MASA”, avance-t-il. Soulignons que la MASA ne peut pas être au courant des ventes d’un album, la société n’émettant que les hologrammes devant figurer sur chaque CD. Il revient généralement au producteur de faire ce suivi.

Contrat non renouvelé.
Steve Brunet affirme qu’il n’a jamais reçu d’argent pour l’album. “Je n’ai pas touché une roupie sur cet album. Le producteur m’avait dit qu’il me paierait après avoir recouvré les dépenses faites. J’ai cru comprendre que les musiciens, eux, ont été payés. Damien Ng Tat Chung aurait au moins pu m’avoir donné ce qui m’est dû.” Mais Damien Ng affirme que le chanteur a bien reçu de l’argent pour la vente de l’album Heureux. Steve Brunet réplique : “J’ai eu mon cachet pour les quatre fois où je me suis produit en concert. Il m’avait dit que j’allais être payé plus que les musiciens, mais cela n’a jamais été le cas. La seule fois où j’ai touché un peu plus que les musiciens (j’avais eu Rs 5,000), c’était lors de la présentation des participants des Jeux de la Francophonie, l’année dernière.”

Damien Ng Tat Chung, d’Island Music Label, tient à préciser : “Steve Brunet a le droit de chanter les chansons de l’album en public à condition de payer Island Music Label. Steve est un concept qu’on a créé. Dans le concept, il y a plusieurs musiciens. Lorsqu’il a commencé à chanter seul, les musiciens n’ont pas apprécié.” Steve Brunet précise qu’il n’a jamais organisé de concert sans l’accord de son ancien producteur et dément qu’il y ait un désaccord entre les musiciens et lui.

Selon Damien Ng Tat Chung, Steve Brunet était sous un contrat d’engagement d’un an. Le chanteur explique : “Je ne savais pas qu’il y avait un contrat d’engagement entre lui et moi. Il m’avait donné un contrat, il y a très longtemps. Je n’ai jamais rien signé et je lui avais dit que je ne signerai rien.” Selon le producteur, l’artiste a montré qu’il préférait être autonome, et c’est pourquoi le contrat n’a pas été renouvelé.

Contact rompu.
“Une tournée européenne est prévue pour Steve aux mois de juillet et d’août 2018. Cette tournée d’une dizaine de dates déjà confirmées est prise en main par le tourneur de Yannick Noah, Skip the Use, Trust et Cali. Steve fera des premières parties. Une équipe de vidéastes et créatifs l’accompagne sur la préparation d’un grand concert, normalement au J&J, prévu pour le milieu de l’année prochaine”, écrivait Damien Ng Tat Chung dans un document faisant appel aux sponsors, l’année dernière. “Nous sommes tristes que cette tournée européenne n’ait pas pu avoir lieu car le chanteur n’était pas prêt. Ne connaissant pas ses textes, il chantait avec les paroles dans sa main lors des concerts et il n’était pas toujours disponible pour les répétitions”, confie le producteur. Affirmations que nie Steve Brunet, qui se dit choqué par de tels propos. 

L’artiste explique qu’après le dernier concert en mars, il n’a plus eu de contact avec Damien Ng Tat Chung. “Je lui ai envoyé un ou deux messages pour lui demander s’il va bien, entre autres. Il ne m’a jamais répondu.” Le producteur confie qu’il ne sait pas ce qu’il est advenu de Steve Brunet. À défaut d’une scène, ce dernier se contente d’exercer dans un chantier, où nous l’avons rencontré la semaine dernière. L’artiste de 37 ans est confiant sur sa carrière de chanteur. “Je ne vais plus faire confiance à personne.”

Steve Brunet a eu une vie compliquée mais n’a jamais baissé les bras. La musique l’a aidé à se relever après les périodes difficiles. “La musique n’est pas mon métier mais ma passion. Les gens continuent à me soutenir et me disant de ne pas abandonner.” Pour le moment, il travaille seul, écrit des textes où il raconte tout ce qu’il a sur le cœur, et envisage un nouvel album. “Je prendrai le temps qu’il faudra. Cette année, j’ai décidé d’écrire après les soucis que j’ai rencontrés. Je n’avais plus de ressources pour écrire. J’étais découragé. Tout ce qui s’est passé, c’est un mal pour un bien. Cela m’a poussé vers l’écriture.”