À peine a-t-elle foulé le sol mauricien hier à la mi-journée, et après quelques petites minutes pour apprécier la somptueuse plage du Long Beach Hotel à Belle-Mare où elle séjourne, que Susheela Raman, artiste riche et dense, s’est entretenue, en toute simplicité et à bâtons rompus, avec la presse. Le sourire contagieux, le verbe facile, sans fards ni artifices, la diva de la World Music laisse présager un concert riche en couleurs musicales ce soir à l’auditorium du MGI, à Moka. Rencontre…
D’une voix puissante, mais regorgeant d’une immense douceur, pour sa silhouette menue, Susheela Raman se laisse dire… « I feel very blessed to be in this beautiful land to share our music with you ! ». Et de laisser tomber que « c’est la deuxième fois que je viens chez vous. Lors de ma première visite (qui remonte à 2009), j’ai eu l’occasion de rencontrer Eric Triton… I really connected with the place. » À coup sûr, l’interprète de Light years ou de Ganapati ne manquera pas d’y revenir, « pas pour se produire sur scène, mais comme cliente de notre hôtel afin de profiter du soleil et de la plage… », ainsi que l’y a invitée Nicolas de Chalain, directeur général du Long Beach.
Susheela Raman est arrivée après un long trajet de Londres à Paris, puis jusqu’à l’île de La Réunion pour enfin se poser à Plaisance. Mais plus longue encore a été l’attente de Dinesh Burrenchobay, fan de première heure de la « reine » de la World Music, et l’un des principaux instigateurs, avec l’organisateur du concert, l’agence Immedia, de la venue de Susheela Raman à Maurice… « Susheela Raman n’est plus une inconnue chez nous, devait déclarer d’entrée de jeu Rama Poonoosamy, directeur d’Immedia. En quelques semaines, elle est devenue très populaire, au point où très rapidement, un mois avant sa venue, les billets pour son concert étaient épuisés ! »
L’artiste reconnaît que « c’est assez fréquent que mes concerts soient sold out. Cependant, ce que je trouve fantastique, c’est qu’un public que je ne connais pas du tout et que je vais découvrir m’aime autant ! C’est fascinant ! » Susheela Raman indique qu’elle et ses musiciens n’ont pas « pour habitude de préparer dans les détails un concert. On choisit un peu les titres des cinq albums et on compose avec cela… » Avis donc à ceux qui seront à l’auditorium du MGI, ce soir : cet unique concert de Susheela Raman risque bien de dépasser les espérances !
Soutenue par Sam Mills, son lead guitar et également programmateur et complice « de ces 13 dernières années », lors de la rencontre avec la presse, Susheela Raman devait qualifier son voyage musical, via ses cinq albums studio (nommément Salt Rain, Love trap, Music for crocodiles, 33 1/3 et Vel) de « parcours en pleine évolution ! » La chanteuse, née de parents originaires du sud de l’Inde, a vu le jour en Angleterre, grandi à Sydney, en Australie et « je suis revenue à mes origines, en Inde, après mon adolescence. Musicalement parlant, le voyage a été très riche ».
Durant son enfance, elle a été en contact avec la musique classique ; ses années ados se sont écoulées aux sons du rock et du blues et par la suite, la jeune femme s’est rendue en Inde pour y sonder ses racines… « Cela a représenté beaucoup de travail, de recherches musicales », reconnaît-elle. Le résultat se traduit « par la maturité que Susheela laisse entendre dans sa musique », a signalé S. Mills. Récemment, cette adepte du quwwal dans la plus pure tradition soufie, et fervente admiratrice du regretté Nusrat Fateh Ali Khan, s’est rendue au Pakistan, où elle continue un projet qui lui tient très à coeur. « Je pense que ma musique est toujours très empreinte de mes influences occidentales. Cela se comprend… Je vis en Europe, j’y suis née… Mais j’essaie de donner une couleur musicale très plurielle à chaque nouvel album. »
Actuellement en tournée en France, Susheela Raman et ses musiciens se produiront aussi à l’île soeur après leur concert chez nous. Ce soir sera un concert mémorable pour les fans mauriciens de la diva…