Le Muslim Ladies Council lance une série d’activités pour célébrer ses 15 années d’existence. Par ailleurs, une réception a été organisée à l’intention de tous ses membres pour rendre hommage au travail accompli pendant les quinze dernières années. En conférence de presse mercredi à Ébène, la présidente du conseil, Mariam Goodur, devait déclarer que, cette année, « les membres militeront en faveur des veuves musulmanes qui n’obtiennent pas leur pension de veuve ainsi qu’en faveur des enfants victimes de violence domestique ».

Dans le cadre de son quinzième anniversaire, le Muslim Ladies Council annonce une série d’activités qui seront organisées dans les semaines et mois à venir, notamment une réception pour honorer les lauréats qui ont primé dans les langues ourdou et arabe, un atelier de travail pour reconnaître les compétences des personnes en situation de handicap, un autre atelier de travail sur la surdité, le financement des études pour des enfants issus des familles vulnérables, et ce en collaboration avec la Global Rainbow Foundation, une campagne de sensibilisation et le lancement du site web du conseil. « Nous avons accompli tellement de choses pendant les quinze dernières années et nous ne comptons pas nous arrêter là. Avec la participation de tous nos membres, nous comptons rendre la vie des personnes vulnérables plus facile », affirme Mariam Goodur.

Le MLC a pour objectif, cette année, d’agir en faveur des veuves musulmanes qui ne reçoivent pas leur pension de veuve parce que leur mariage religieux (“nikah”) n’est pas reconnu par la loi. « Nombreux sont les religieux qui ne se sont pas enregistrés auprès du Muslim Family Council (MFC), mais qui font le mariage religieux entre les couples. Ceci dit, le “nikah” de ces couples n’est pas reconnu par la loi. C’est pour cela qu’après le décès des époux, les veuves ne reçoivent pas de pension. Cette année, nous projetons de lancer une campagne afin que les religieux s’enregistrent auprès du MFC dans l’intérêt des veuves musulmanes », avance Mariam Goodur.

La présidente a aussi profité de l’occasion pour commenter les cas de violence impliquant les enfants. « Il y a non seulement des cas de violence perpétués sur les enfants, mais aussi par les enfants. Récemment, un mineur a participé au meurtre d’une femme pour une somme de Rs 2 000. Il est temps d’agir », dit-elle.

La vice-présidente du MLC, Shireen Motala, a, quant à elle, mis en avant plusieurs propositions au gouvernement pour réduire le nombre de cas de violence impliquant les enfants. « Il faut recenser et rendre visible tous les cas. Nous lançons un appel aux parents et aux victimes : il ne faut plus étouffer les cas d’inceste. Il faut promouvoir une éducation sans violence et sensibiliser les parents sur leurs responsabilités. La loi doit être revue et rendue plus sévère, entre autres », précise-t-elle.

Catherine Boudet, politologue, présente à la conférence de presse, a expliqué que la violence peut avoir un « effet boomerang » sur les enfants. « Victimes de violence dans leur enfance, ces enfants peuvent reproduire le même scénario quand ils deviennent adultes. Ils développeront des comportements violents envers leur entourage », fait-elle ressortir.