Trente-trois ans après sa création, le Muvman liberasyon fam (MLF) poursuit sa lutte pour une société libre et juste. Dans son second manifeste, qui vient d’être publié, il se prononce, entre autres, contre le système patriarcal, qui, selon lui, est intrinsèquement lié au système capitaliste.
Le mouvement précise que son objectif n’est pas que les femmes gravissent les échelons de la hiérarchie mais qu’elles soient reconnues comme « le centre de la famille » sans vouloir en être le chef. Par conséquent, que toute allocation, quelle soit d’aide sociale ou destinée aux enfants, soit dirigée vers elle et qu’elle ait l’opportunité de travailler dans n’importe quel secteur. Le MLF, qui se prononce contre tout système hiérarchique, précise ne pas être motivé par les promotions dans le système patriarcal. Il milite aussi pour un salaire égal pour les deux sexes.
Le mouvement estime avoir été exproprié de la terre. « Why have we been expropriated from the mother earth that nurtures us ? » Il demande ainsi un contrôle démocratique sur la terre et tous les moyens de production. Le MLF veut que 80 % de la population, qui constitue la masse des travailleurs, n’ait pas à fouiner pour trouver un emploi. Il s’oppose à la privatisation et défend l’État providence lorsqu’il le sent menacé.
Le MLF continue à militer pour que les femmes aient le droit à un logement, un moyen de survie, au transport gratuit de jour comme de nuit, à une subvention sur les denrées alimentaires de base et le droit à la contraception et à l’avortement. « We are working towards changing the objective balance of forces between men and women in society », écrit-il dans son manifeste. Idem pour la situation entre les employés et les employeurs. Il souhaite que les employés deviennent suffisamment forts pour remettre en question le système. Le même esprit est appliqué pour une transformation des sociétés.
Le MLF se prononce contre la répression et souhaite que ceux qui violentent ou harcèlent les femmes soient critiqués publiquement. Il souhaite ainsi un retour aux anciennes méthodes de punition. « They need to be accountable for their actions », estime le MLF. Cependant, il précise : « We are certainly not pushing for the State to hang them, imprison them for years and years or castrate them. »
Avec un « changing in the balance of forces », entre les hommes et les femmes elles seront dans une meilleure position pour exposer leurs problèmes.
Le MLF demande à ce qu’une femme violée aille directement à l’hôpital et qu’un service « one-stop-shop », lui soit proposé, soit des traitements médical et psychologique, une protection contre les maladies sexuellement transmissibles et si elle le souhaite, faire une déposition contre son agresseur à une policière qui sera mandée sur les lieux pour l’écouter et prendre sa déclaration.
Le MLF demande le droit de grève, de se syndiquer et de s’exprimer librement. Le mouvement constate que même s’il y a eu des amendements au Code Napoléon concernant les lois régissant le mariage, dans la pratique, la domination de l’autre sexe existe encore. Dans cette optique, le MLF a élaboré ce qu’il appelle le Charter on matrimonial and allied laws.
Se prononçant contre le système patriarcal qui fait des victimes à la fois masculine et féminine, le MLF évoque Réginald Topize (Kaya) et Rajesh Ramlogun. Selon lui, « il y a une similarité entre la violence domestique et la violence en cellule policière ». « Both forms of violence take place between four walls, both use sexual language to mask violence ; both kinds of victims are supposed to carry the shame afterwards. » C’est ainsi qu’en vue de les soutenir, le MLF a mis en place l’association JUSTICE : Against violence by State officers.
Le manifeste du MLF a été élaboré après consultations avec des femmes de différents courants de pensée durant quatorze mois.