L’opération de renflouage du cargo MV Benita, battant pavillon libérien et qui a fait naufrage sur les récifs au large de Mahébourg dans la nuit de jeudi à vendredi, est entrée dans sa phase active. Les opérations de pompage de carburant, par mesure de précaution et pour éviter toute pollution du lagon, ont débuté hier et devraient prendre fin au plus tard à la fin de la semaine. De son côté, le ministre de l’Environnement, Alain Wong, plongeur professionnel, a effectué pendant 1h45 hier, en début d’après-midi, une plongée dans les parages des récifs où le cargo s’est échoué. L’enregistrement vidéo, réalisé par un autre plongeur professionnel, Hugues Vitry, devrait être présenté cet après-midi lors de la réunion quotidienne de la cellule de crise en vue d’établir les paramètres du “refloating plan” en discussions. Toutefois, cette étape ne devra être franchie qu’après le 30 juin, soit lors de l’arrivée sur les lieux du deuxième remorqueur de la société Five Ocean Salvage, le Coral Sea Flos, venant de Dubayy.
Tout semble indiquer que les prises de vue, effectuées hier lors de la plongée du ministre Alain Wong, apporteront de nouveaux éléments à l’opération de renflouage du MV Benita. « J’ai effectué cette plongée pour une évaluation de visu et indépendante des contracteurs grecs. En se basant sur l’état de la mer et du pont du MV Benita, ces derniers soutiennent qu’il serait suicidaire d’initier le “refloating” du cargo en détresse. Le film démontre clairement que, sous la mer, tout est relativement calme et stable comparativement aux houles en surface. Cet enregistrement sous la mer devra aider les spécialistes grecs à mieux appréhender leur travail et à identifier les voies d’eau dans le bateau », a-t-il déclaré en substance.
Du côté du ministère de l’Environnement, la hantise est de voir le MV Benita se scinder en deux du fait de la force des houles contre la coque ainsi que des risques potentiels de fuites d’huile lourde. « Plus tôt le cargo sera libéré des récifs et mieux ce sera », affirme le ministre de l’Environnement. Selon les dernières indications, au moins quatre voies d’eau ont été recensées sur la coque du cargo, avec des effets de balancier, tandis que la cale No 3 est en posture compromettante.
Outre le ministre de l’Environnement, qui a effectué cette plongée de 13h30 à 14h25 sous la supervision des éléments de la National Coast Guard et du Groupement d’intervention de la police mauricienne (GIPM), le ministre de la Pêche, Prem Koonjoo, s’est également rendu sur les lieux pour rassurer des membres de la communauté des pêcheurs et les habitants de la région au sujet de la présence d’Oil Patches dans le lagon depuis samedi dernier.
Du côté des responsables de l’opération du renflouage, on se veut rassurant quant à la présence d’huile lourde émanant du MV Benita dans le lagon. « Depuis le week-end dernier, il n’y a pas eu d’autres fuites, à part le “sludge” initial », déclare un des représentants, ajoutant que des rotations régulières d’hélicoptère permettent d’effectuer un monitoring de la situation en mer. Des inspections sont également sous le contrôle de la Swire Emergency Response et de l’ITOF, une organisation internationale regroupant les armateurs de tankers dans le monde.
Depuis hier après-midi, l’opération de pompage de carburant des 125 tonnes de fioul et des 35 tonnes de gazole a débuté. En principe, le délestage du bateau de sa cargaison de carburant devrait durer de deux à cinq jours, dépendant de la conclusion de l’exercice prévue pour la fin de la semaine. Le fioul pompé du MV Benita sera par ailleurs recyclé par Virgin Oil, une société basée à Montagne-Blanche et engagée dans le traitement des huiles de vidange de moteur.
Avec le second remorqueur d’une capacité plus puissante, le Coral Sea Flos, attendu sur zone vers le 30 juin, les Salvors grecs de Five Ocean Slavage seront rejoints aujourd’hui par six spécialistes en soudure sous-marine. D’ici la fin de la semaine prochaine, ils auront pour mission de rendre « airtight » les six cales du bateau en les scellant et en y injectant de l’air comprimé, et de procéder à des réparations sur la coque du cargo, dans la mesure du possible.