L’éventuelle opération de dynamitage de la roche basaltique ayant performé la coque du cargo MV Benita, drossé sur les récifs au large de Mahébourg depuis deux semaines, crée des vagues. Le ministre de l’Environnement, Alain Wong, est en effet monté au créneau pour faire état de ses réserves quant à l’utilisation de dynamite et l’a fait savoir à qui de droit. De son côté, l’expert américain de DEMEX, société spécialisée dans le domaine, qui s’est rendu sur les lieux aujourd’hui pour un constat, a soutenu qu’il ne compte pas mettre à exécution une opération avec “risque zéro” sur les récifs à l’entrée de Le Bouchon. Entre-temps, les travaux sur le cargo en détresse ont fait une première victime, un Salvor grec ayant eu deux vertèbres déplacées lors d’une chute dans une cale lors des travaux de préparation en vue du renflouage.
« Avec le dynamitage du récif au large de Mahébourg, que ce soit par explosion ou par implosion, il y a toujours un risque pour l’environnement, que ce soit au niveau de la faune ou de la flore marines. J’aurai préféré que des moyens hydrauliques soient utilisés pour le MV Benita, coincé sur les récifs. Même avec une implosion, il y aura des séquelles. Je crains les effets du dynamitage. J’ai besoin de garanties contre tout dégât à l’environnement marin », a déclaré au Mauricien le ministre Alain Wong, qui suit les différentes étapes des opérations de “salvage” du cargo battant pavillon libérien.
De son côté, l’expert américain, qui a débarqué en début de semaine en vue d’exécuter la mission de dynamitage, revoit actuellement ses plans. Il s’est rendu aujourd’hui à bord du cargo en détresse pour une évaluation des risques lors de cette opération. « We want an operation with zero danger to persons », a-t-il déclaré en substance, écartant du même coup que des plongeurs soient engagés directement dans le dynamitage en raison des courants et des risques d’être aspirés.
Ce matin, très peu d’indications étaient disponibles quant aux options à l’étude en vue de désincarcérer le MV Benita des récifs. Les consultations au niveau de la cellule de crise, qui se réunit quotidiennement, auront une importance particulière dans les circonstances. Dans la journée d’hier, un premier accident est survenu sur le MV Benita. Un des Salvors grecs a en effet été victime d’une chute dans une des cales. Résultat : deux vertèbres déplacées. Il a dû être évacué du cargo par hélicoptère et a été admis à la Clinique du Nord. Son pronostic vital n’est toutefois pas engagé.
Avec l’arrivée du second remorqueur samedi, le Coral Sea Fos, les préparatifs pour le renflouage du cargo s’accélèrent. Une équipe d’une quinzaine de soudeurs, ajusteurs et autres Handymen mauriciens a été recrutée en vue de sceller les ouvertures des cales et des compartiments en vue du “refloating”, prévu début juillet.