Du reggae à forte dose. C’est ce que propose le groupe Jah Way avec son premier album My African Vision. Avec ce disque, la formation de l’ouest espère se faire un nom dans l’univers musical. Dans le centre de musique de La Gaulette, où nous les avons rencontrés, le chanteur principal Matrix et ses camarades nous ont partagé leur passion, le temps d’une petite répétition.
Des rythmiques reggae qui s’enchaînent, supportant une voix nasillarde et cuivrée. À l’entrée du centre de musique de La Gaulette, où le groupe Jah Way répète régulièrement, les instruments résonnent et s’accordent dans une vibration positive. Dans la cour du centre, quelques enfants s’amusent et jouent tout en appréciant les morceaux de Matrix et de ses musiciens. Certains petits, sans doute des habitués des lieux, n’hésitent pas à s’approcher et se laisser entraîner par l’ambiance qui y règne. En pénétrant dans la pièce, il nous est impossible de ne pas nous laisser emporter dans l’univers roots de Jah Way.
Discret.
Comme les semaines précédentes, Jah Way s’est retrouvé ce jeudi après-midi pour travailler la musique. “Bien que l’album soit déjà dans les bacs, nous souhaitons améliorer nos compositions. Nous voulons être prêts au cas où une opportunité se présente. Notre but est de faire un maximum de scène”, indique Jérôme Lamarque, le saxophoniste du groupe. Cela fait seulement quelques semaines que My African Vision est disponible sur le marché, et Jah Way a récemment eu l’occasion de jouer dans des fancy-fairs et des fêtes culturelles des villages voisins. Jusqu’à la sortie de l’opus, la formation de La Gaulette n’était pourtant pas connue dans la région. “Il a fallu que je publie cet album pour que mes voisins sachent que je chante. Je suis un artiste plutôt discret”, explique Jean-Marc Louis, alias Matrix.
Hommage.
Employé au Club Mistral, au Morne, Matrix avait l’habitude d’animer des soirées pour touristes en chantant et jouant de la guitare. Ce sont les étrangers qu’il côtoie régulièrement qui le pousseront à réaliser son projet. “Ils n’arrêtaient pas de me dire que j’ai un talent qui mérite d’être exploité”, se souvient-il. Des compositions, le chanteur en avait une bonne dizaine en poche. Des textes qui évoquent les souffrances de notre société et un autre en hommage à Bob Marley, qu’il a écrits depuis deux ans. Il ne lui manquait que des musiciens qui accepteraient de se lancer dans l’aventure avec lui pour démarrer son projet. C’est le batteur Augustin Labonne qui sera l’intermédiaire entre Matrix et les autres. Durant deux mois, ces derniers, désormais connus sous le nom de Jah Way, ont travaillé sans relâche pour monter My African Vision. « On se réunissait deux à trois fois la semaine pour composer la musique. Un travail qui s’est fait avec l’aide de tout un chacun”, raconte Augustin Labonne. C’est au centre de musique que la base musicale a été montée, tout en respectant les directives données par Matrix. “Il était important que l’on retrouve mes influences musicales dans ce projet. Le reggae devait à tout prix être la musique leader de mon album”, indique le chanteur.
Obstacles.
Ce que les musiciens ont immédiatement apprécié en Matrix, c’est qu’il est bilingue. “C’est rare de trouver un chanteur de reggae mauricien qui s’exprime à la fois en français et en anglais”, souligne Jérôme Lamarque. Il poursuit : “Puis, il y a cette forte énergie qu’il dégage quand il se met au micro”. Cela fait un an que Jah Way existe, et Jérôme évoque les obstacles qu’ils ont rencontrés pour percer. “La priorité est donnée aux artistes qui se sont déjà fait un nom. Quand nous sollicitons l’aide et le soutien de ceux qui évoluent dans le milieu musical, ils nous claquent la porte au nez. Le lieu où nous habitons pose toujours problème.” C’est pour mettre à bas ces préjugés que Matrix et ses camarades veulent partager leur passion et ainsi prouver que “mem bann mizisien dan vilaz ena talan e kapav fer zot prev”. Un talent certain que nous avons pu apprécier et qui nous a fait vibrer ce jour-là le temps de deux interprétations, Love each other et My African Vision. Ce moment passé en compagnie des membres de Jah Way nous a aussi permis de ressentir leur envie de partager leur amour pour la musique avec le public.
En attendant le deuxième album de Jah Way, prévu pour l’année prochaine, Matrix compte réaliser un DVD, qui comprendra les clips des huit morceaux de My African Vision et devrait sortir à la fin de cette année.