Dans son monde, il n’y a pas que stress et paillettes. Il y a aussi des larmes et de la sueur. Mais la positive attitude affichée par ce rire radieux qui prend le dessus sur le blues lui permet de rester constamment en mouvement afin de créer et d’innover. Danseuse, chorégraphe, présentatrice, femme d’affaires, mère, actrice, réalisatrice : les casquettes sont aussi nombreuses que les difficultés. Femme de tous les défis, Nalini Aubeeluck a compris qu’il faut constamment se donner les moyens pour avancer et que l’abandon n’est jamais une option.

Un de ses prochains projets sera une production cinématographique. Il s’agira de sa toute première expérience dans le rôle de productrice. Connaissant déjà le monde du cinéma après ses rôles dans Lonbraz Kann de David Constantin et dans Come Back (film d’Ananda Devi attendu pour cette année), elle est consciente que la tâche ne sera pas de tout repos. Porter un film demande des épaules solides, ainsi que des expériences et des connaissances précises pour ne pas sombrer dans la banalité.

En dépit d’un emploi du temps chargé et de grandes responsabilités professionnelles, Nalini Aubeeluck a pris le temps, ces dernières années, d’acquérir les connaissances nécessaires pour aller de l’avant. Afin de concrétiser cette ambition qui l’accompagne depuis un bout de temps, elle a investi et voyagé pour se former. L’un de ses derniers ateliers de travail a eu lieu à Cannes. C’est dire le sérieux avec lequel elle a décidé de relever cet autre défi qu’elle s’est s’imposé.

Rester sur les rails.

Jusqu’au clap de fin, tout ne sera pas rose. Les embûches seront nombreuses, les moments de doutes et de déceptions constitueront des étapes qu’il faudra savoir franchir. Depuis le temps qu’elle a choisi de vivre les choses différemment pour permettre à ses rêves d’exister, Nalini Aubeeluck est pleinement consciente qu’aussi huilée que puisse être la machine, les choses ne roulent jamais comme sur des roulettes. Mais le plaisir d’un projet abouti lui procure un précieux bien-être, qui la garde sur les rails et qui rend son sourire radieux.

Ce sourire est de rigueur aussitôt qu’elle sort de sa salle de danse pour nous recevoir dans ses bureaux à Floréal. Comme toujours, sa positive attitude est aussi au rendez-vous. Elle l’enveloppe d’une aura qui pousse sa personnalité de l’avant, sans qu’elle n’ait à chercher à s’imposer ou à se faire remarquer. La danseuse est partagée entre ses responsabilités de chorégraphe, de formatrice en danse, de responsable de troupe et de femme d’affaires.

Nalini Dance Group.

Dans son bureau, plusieurs trophées offerts par différentes instances saluent son parcours exceptionnel. Lorsqu’elle a commencé la danse à 19 ans et qu’elle a intégré le monde de l’animation dans les hôtels, la jeune fille qu’elle était ne s’était pas imaginé que sa carrière prendrait cette dimension. Encore moins avait-elle rêvé qu’elle deviendrait un jour une personnalité publique du monde du spectacle et de l’audiovisuel.

Entraînée dans une pirouette sans fin, elle s’est saisie des opportunités qui se sont présentées et a improvisé pour que sa carrière progresse. C’est ainsi qu’est né le Nalini Dance Group, dont la réputation dans les hôtels était reconnue. Pendant plusieurs années, cette expérience l’a aidée à se diversifier dans les styles de danse, à maîtriser les rouages de la chorégraphie et de la fabrication des costumes. De fil en aiguille, cet apprentissage au milieu de tissus l’a transformée en designer. D’où le lancement de la ligne de vêtements.

Faith.

Les créations glamours de la marque Faith n’existent plus aujourd’hui. “Pendant quatre années, j’ai pris plaisir à créer. Sans doute parce que la boutique est mal située, l’entreprise est devenue moins prospère à un moment et j’ai décidé de ne plus continuer dans la couture.” Aucun regret, précise-t-elle. Des expériences précédentes lui avaient déjà fait comprendre que les imprévus font partie du processus. Sa première grosse crise a coïncidé avec celle qui a frappé ces pays sur lesquels repose notre secteur touristique. Moins de visiteurs dans les hôtels : les danseurs étaient à peine sollicités et l’entreprise de Nalini Aubeeluck avait touché le fond. “Je ne m’étais pas préparée à une telle situation. Je ne savais pas comment les choses se passeraient. Je n’ai eu d’autre choix que de me réinventer.”

Prise par sa passion pour la danse et le spectacle, elle ne s’était pas rendu compte que la gestion de sa troupe lui avait inculqué les principes de l’entreprenariat. Les réflexes pour rebondir étaient là. Elle a alors innové pour s’en sortir et préserver sa liberté. “Je suis convaincue que d’autres auraient baissé les bras. J’ai compris que l’échec était une occasion pour moi de me relever pour aller encore plus loin, avec plus de force. Cette combativité, j’ai compris que je la porte en moi. Ma mère et mon père sont ainsi faits. Nous refusons d’abandonner et nous avons une vraie force de caractère. J’ai hérité cela d’eux.”

Sourire.

Au niveau personnel, elle avoue se laisser trop prendre par les sentiments. Les coups bas portés par certains de ses anciens danseurs ont pris du temps avant de guérir. Mais il lui fallait sourire et afficher une bonne mine dans son entourage. À la maison, c’était pour ne pas inquiéter sa mère et son fils. Au travail, elle garde le sourire pour éviter que l’ambiance ne devienne morose auprès de ses employés. Qu’en est-il en public ? “Je suis consciente d’être une role model pour certains, surtout les jeunes. Je me dois de me montrer sous le meilleur profil en permanence pour que mon exemple serve d’encouragement à ceux qui veulent innover et avancer.”

Cette saison, le public a retrouvé Nalini Aubeeluck parmi le jury de Dance Fever. La reprise de ce concours a été pour elle une célébration du mauricianisme et de la créativité. Elle s’est plu de se retrouver dans un tel environnement. La danse, c’est son principal élément, la pierre angulaire de toutes ses activités. “La danse représente pour moi le besoin d’utiliser l’énergie que j’ai en moi pour créer, pour bouger, pour partager ma passion.”