De l’ombre à la lumière. C’est le cas de le dire pour Nandanee Soornack. Voilà quelqu’un dont l’identité était évoquée surtout dans les officines, et le prénom balancé une ou deux fois dans des rassemblements publics, qui se retrouve projeté en pleine lumière à la suite d’un incident qui a non seulement choqué plus d’un, mais qui a provoqué un véritable tollé, jusqu’au transfert de certains policiers mêlés à l’enquête.
C’est le 10 décembre, jour du dépouillement des bulletins de vote au lendemain des municipales. On est au SSS Maurice Curé, collège qui porte le nom d’un des illustres fondateurs du Parti travailliste. Les résultats dans le quatrième arrondissement de Vacoas/Phoenix sont attendus avec impatience par les deux principaux blocs. Les agents sont sur le qui-vive, ils sont fébriles, impatients de connaître l’issue du scrutin de la veille.
L’ambiance est conforme à la bonne tradition électorale mauricienne. Malgré les petites piques de part et d’autres, l’atmosphère reste bon enfant. L’« official agent » de l’alliance MMM/MSM, Yogida Sawmynaden, féru de technologie, est là et, dès 10 h 45, il prend des photos ici et là pour immortaliser cette journée de décompte des voix.
Yogida Sawmynaden, du MSM, n’est pas un inconnu. C’est lui que Navin Ramgoolam avait nommé Chief Executive Officer de la Mauritius Duty-Free Paradise en 2010, sur recommandation de Pravind Jugnauth. Au départ de ce dernier du gouvernement en juillet 2011, il est un des premiers à emboîter le pas à son leader et à quitter son poste.
C’est durant sa tournée de chasse aux clichés que l’« official agent » du MSM tombe sur Nandanee Soornack et, sur son portable, il prend quelques photos de la dame en rouge. Ce qui n’était qu’un banal exercice devient vite un drame. La dame n’apprécie pas du tout cette démarche et le fait savoir non seulement au preneur d’images, mais ameute également la police présente sur les lieux autant que les responsables de la Commission électorale.
À Yogida Sawmynaden, elle lance, selon des témoins directs de la scène : « Ou fine tir mo photo san mo permission. Ou koné ki senla mwa ? Taler mo donne ou enn klak, donn moi ou bann telephones. » Joignant le geste à la parole, elle prend en effet possession des deux téléphones pour vérifier que ses photos s’y trouvent, avant de se tourner vers la police et le Presiding Officer, les invitant à sévir contre l’agent de l’opposition.